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[FR] Vol de nuit - Antoine de Saint-Exupéry

❖ 1 commentaire:


Titre : Vol de nuit
Auteur : Antoine de Saint-Exupéry
Éditeur : Folio
Date de publication : 2000 (1931)
Pages : 188
 

* Les collines, sous l'avion, creusaient déjà leur sillage d'ombre dans l'or du soir. Les plaines devenaient lumineuses mais d'une inusable lumière : dans ce pays, elle n'en finissent pas de rendre leur or de même qu'après l'hiver, elles n'en finissent pas de rendre leur neige. *
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Ainsi les trois avions postaux de la Patagonie, du Chili et du Paraguay revenaient du sud, le l'ouest et du nord vers Buenos Aires. On y attendait leur chargement pour donner le départ, vers minuit, à l'avion d'Europe.
Trois pilotes, chacun à l'arrière d'un capot lourd comme un chaland, perdus dans la nuit, méditaient leurs vols, et, vers la ville immense, descendraient lentement de leur ciel d'orage ou de paix, comme d'étranges paysans descendant de leurs montagnes.
Rivière, responsable du réseau entier, se promenait de long en large sur le terrain d'atterrissage de Buenos Aires. Il demeurait silencieux car, jusqu'à l'arrivée des trois avions, cette journée, pour lui, restait redoutable. 


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* Si j'étais très juste, un vol de nuit serait à chaque fois une chance de mort. * 



Les déplacements en avion sont devenus tellement ordinaires qu’il est facile d’oublier les débuts de l’aviation. Pourtant, les instruments et les technologies utilisés aujourd’hui ne sont pas apparus d’un claquement de doigts. Ils sont le fruit d’une longue évolution, basée sur différentes théories, sur des connaissances scientifiques et techniques, mais aussi sur les expériences et les accidents, qui ont entraîné une amélioration des aéronefs.
Autrefois, les pilotes étaient de véritables aventuriers, guidés par leur passion et prêts à prendre des risques incroyables. Bien avant que l’aviation ne se soit démocratisée et serve avant tout aux loisirs, son potentiel avait été repéré par l’armée et par les services postaux.
C’est justement de l’industrie postale que parle Vol de nuit. À une époque où le pilotage automatique n’existe pas, il est très difficile de voler la nuit. C’est pourtant l’objectif à atteindre, car c’est ce qui fait la différence entre le transport du courrier par route ou rail, et par air. C’est le début de l’aviation commerciale en Amérique du Sud : le lecteur suit trois pilotes qui cherchent à rejoindre l’Argentine depuis le Chili, la Patagonie et le Paraguay.
Antoine de Saint-Exupéry était lui-même aviateur, et cela se ressent dès les premières pages. Son roman n’est pas une description détaillée d'événements historiques mais une collection d'anecdotes et d’impressions qui donnent une bonne idée au lecteur de ce à quoi pouvait ressembler la vie d’un pilote à cette époque. Même s’ils sont anonymes, on ne peut s’empêcher de s’attacher à eux et, surtout, de les admirer. Tous font preuve d’un dévouement sans faille et sont prêts à tout abandonner pour leur métier.
Le personnage de Rivière est très intéressant ; il semblera peut-être cruel au premier abord, mais c’est un personnage bien plus difficile à cerner qu’il n’y paraît. Les différentes couches de sa personnalité lui donnent une profondeur touchante et, grâce à lui, l’auteur aborde des questions intéressantes, notamment celle du devoir, du sacrifice et de la liberté de choix.
Le ton du roman est très sobre, sans fioritures, mais très imaginé, si bien que le lecteur n’aura aucun mal à s’imaginer à bord des avions postaux d’Amérique du Sud. C’est un très beau livre que je recommande à tous ceux qui s’intéressent de près ou de loin à l’aviation.
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* En bref... * 

Un très beau roman retraçant les débuts de l’aviation postale ; un hommage au courage et au dévouement des pilotes d’autrefois !


  




[FR] Les Hirondelles de Kaboul - Yasmina Khadra

❖ 1 commentaire:

Titre : Les hirondelles de Kaboul
Auteur : Yasmina Khadra
Éditeur : Pocket
Date de publication : 2010 (2002)
Pages : 148
 

* Les terres afghanes ne sont que champs de bataille, arènes et cimetières. Les prières s'émiettent dans la furie des mitrailles, les loups hurlent chaque soir à la mort, et le vent, lorsqu'il se lève, livre la complainte des mendiants au croassement des corbaux. *
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  Dans les ruines brûlantes de la cité millénaire de Kaboul, la mort rôde, un turban noir autour du crâne. Ici, une lapidation de femme, là un stade rempli pour des exécutions publiques. Les Taliban veillent. La joie et le rire sont devenus suspects. Atiq, le courageux moudjahid reconverti en geôlier, traîne sa peine. Le goût de vivre a également abandonné Mohsen, qui rêvait de modernité. Son épouse Zunaira, avocate, plus belle que le ciel, est désormais condamnée à l'obscurité grillagée du tchadri. Alors Kaboul, que la folie guette, n'a plus d'autres histoires à offrir que des tragédies. Quel espoir est-il permis ? Le printemps des hirondelles semble bien loin encore...
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* Ne me demande pas de renoncer à mon prénom, à mes traits, à la couleur de mes yeux et à la forme de mes lèvres pour une promenade à travers la misère et la désolation ; ne me demande pas d'être moins qu'un ombre, un froufrou anonyme lâché dans une galerie hostile. *
 

Avec Les hirondelles de Kaboul, Yasmina nous projette dans une Kaboul mourante, ravagée par la guerre. Le réveil est brutal pour le lecteur occidental, parfois même incapable de situer le pays sur la carte. Il se retrouve confronté à un univers on ne peut plus éloigné du sien : dans les rues de la capitale afghane, les rires et la joie de vivre ont laissé place aux exécutions, aux lapidations, aux sermons haineux et mollahs et à la violence systématique.
Sous le régime extrémiste, tout change. La vie de deux couples bascule ; ils sont perdus et ne se retrouvent plus dans la société. Avant, ils étaient heureux, mais les mentalités ont changé et ils assistent à l’effondrement de leur pays. Désormais, le climat est à l’oppression ; la déshumanisation règne, les femmes deviennent anonymes, cachées derrière leur tchadri et leur époux.
Le dépaysement est total : comment imaginer la triste réalité du peuple afghan ? Sans dramatiser, Yasmina Khadra nous plonge dans le sombre quotidien de Mohsen, ruiné et détruit par la guerre ; de Zunaira, autrefois avocate mais désormais forcée à rester chez elle ; d’Atiq, gardien de prison qui commence à douter de sa foi à force d’être témoin de tant d’injustices ; et de Mussarat, sa femme malade, guettée par la mort ou la répudiation.
Aux côtés des personnages, on ressent peur, désespoir, amour et colère. Comme eux, on espère jusqu’à la fin, même s’il n’y a plus d’espoir. Car si ce n’est pas la mort qui les attend au prochain tournant, la folie les menace.
Les femmes, bien qu’opprimées par le régime, sont l’étincelle d’espoir des hommes. Elles sont enfermées, mais cela ne les empêche pas d’être fortes et résolues, prêtes à tout pour conserver le peu de dignité qui leur reste.
Le style sobre de l’auteur nous fait voyager sur un autre continent, profond et plein de métaphores. Sa plume vibrante et évocatrice donne vie à ses personnages : on les aime, on les déteste, mais on n’y est pas indifférent. On ne peut s’empêcher de se demander ce que l’on ferait à leur place et, mêlé à l’impuissance apparaît rapidement un sentiment d’admiration. Les comportements que nous tendions à condamner au premier abord nous semblent soudain plus compréhensibles et nous amènent à apprécier les libertés que nous considérons parfois trop rapidement comme acquises.
Les hirondelles de Kaboul est un roman bouleversant, poignant et déchirant. C’est un cri de protestation face à l’extrémisme et un hommage aux femmes et aux hommes qui se battent jour après jour pour survivre dans une ville enchaînée par des principes religieux déformés par le régime de la peur.
À lire absolument !
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* En bref... * 
Au cœur de l’Afghanistan

Plongée dans la triste réalité de Kaboul où les lapidations, les exécutions et la violence sont devenues monnaie courante. Face à l’extrémisme, deux couples tentent de survivre, même s’ils ont presque tout perdu. Roman intense et déchirant, ode à l’amour et au courage des femmes, Les hirondelles de Kaboul est un roman incontournable !





[FR] Une odyssée en Patagonie - Inti Salas Rossenbach

❖ 1 commentaire:

Titre : Une odyssée en Patagonie
Auteur : Inti Salas Rossenbach
Éditeur : La Découvrance
Date de publication : 2013
Pages : 254
 

* Loin de chez soi, l'intérêt que l'on porte aux choses, souvent nouvelles, est accru : on prend le large pour suivre et nourrir cet intérêt. Cette recherche est donc en partie volontaire, consciente. Mais la sensibilité aux choses dont nous faisons preuve en voyage est aussi liée à l'unicité des moments vécus et à la disparition des illusions de la routine. *
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Sur ces eaux rudes, contre les vents, contre la pluie et le froid, avec la solitude et les doutes pour compagnes, ils n’étaient que deux, en kayak et en autonomie. Il en a ramené l’impression d’être encore trempé, et une histoire.
Il a voulu qu’elle soit entière, cette histoire. Qu’elle embarque tout ce qui a vécu en lui et autour de lui, au-delà de la seule narration des péripéties d’une expédition. L’histoire des contrées qu’ils ont parcourues, et celle des Amérindiens qui les peuplaient ; ses sensations, parfois déroutantes ; la mise en perspective de tout le vaste monde dont il s’était éloigné ; les imprévisibles rencontres que seul offre le grand Sud ; les souvenirs – réels ? – d’une femme qui hanta son esprit comme les tempêtes obscurcissaient le ciel… autant d’îles qui, peu à peu, ont dessiné l’archipel qu’est devenu le roman de son voyage.

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* Les archipels de Patagonie forment un désert de terre, en ce sens que l'épaisse forêt primaire occupe tout l'espace jusqu'à la mer - il n'y a littéralement pas de terre libre - et parce que partout ailleurs, il n'y a que de l'eau. Mais si c'est un désert de terre, c'est un désert connu et parcouru par ces hospitaliers coureurs de canaux. Je porte avec nostalgie l'empreinte de l'accolade de Frio qui me dit au revoir, adieu, en me demandant pourquoi nous partions ; je porte avec chaleur les chaussettes en laine de Chiloé que m'offrit Chamberley, je porte les mots de Chino : C'est la première et dernière fois qu'on se voit, et c'est bien. Je sui fier de les avoir côtoyés en mer. Depuis, lorsque je regarde une carte de cette immense mosaïque d'îles, de fjords et de canaux du sud-ouest de l'Amérique, je vois ces sacrés faiseurs de sillages.* 


Qui n'a pas rêvé de partir à la découverte de terres inexplorées ? Comme beaucoup, Inti Salas Rossenbach nourrissait un tel projet ; cependant, contrairement à la plupart d'entre nous, il l'a réalisé : plus de trois mois en kayak sur les canaux de Patagonie avec son coéquipier Alexandre. Une telle expédition se prépare, comme nous le comprendrons dès les premières pages, car rien ne peut être laissé au hasard face aux dangers de l'extrême. C'est après deux ans d'organisation intense que le voyage a commencé et, malgré toutes les situations hypothétiques imaginées, personne n'est jamais à l'abri du danger.
Dans le sillage des deux hommes, nous partons à la découverte de la Patagonie, cette région si peu connue et peuplée de légendes et de mythes ; une terre inhospitalière, ou la mer règne en maître. Comme le titre l'indique, nous avons tout d'abord affaire à une odyssée. Nous découvrons la région à travers des descriptions très imagées : ses paysages, ses habitants et sa faune.
Ce livre est toutefois bien plus qu'un simple récit d'expédition. Aux différentes étapes décrites, aux difficultés rencontrées et aux endroits découverts se mêlent anecdotes personnelles, réflexions intimes et informations historiques. À mesure de l'avancée des deux explorateurs, nous avons l'impression d'apprendre à connaître cette terre encore inconnue. Nous voici rapidement immergés dans un univers totalement dépaysant, sur les traces des peuples qui y habitaient avant l'arrivée des espagnols.
Le récit n'est pas tout à fait chronologique, ce qui maintient une sorte de suspense. Bien que nous suivions les kayakistes du sud au nord, de nombreux retours en arrière nous sont offerts, ainsi qu'un premier chapitre éclatant décrivant « le début de la fin » de l'expédition. Cela brise une monotonie qui pourrait s'installer après quelques chapitres et m'a paru un choix extrêmement judicieux qui représente bien l'imprévu et les décisions à prendre lors d'une expédition de ce genre.
Le style est très agréable à la lecture, élégant et soigné, et contribue grandement à notre voyage. Des termes espagnols au vocabulaire de la navigation et des marins, c'est une image fidèle de la Patagonie qui nous est dépeinte – pour autant qu'on puisse en juger.
Au fil des pages, le lecteur ne pourra qu'admirer le courage de l'auteur et de son coéquipier, prêts à affronter de tels défis lors d'une expédition hors du commun. Je ne me suis jamais réellement identifiée à eux, mais j'ai eu l'impression de peu à peu découvrir leur extraordinaire quotidien et de partager quelques-unes de leurs aventures depuis une certaine distance qui me garantissait une sécurité agréable.
Les rencontres avec les habitants locaux constituent sans aucun doute un des points forts du roman. Que ce soient des marins, des villageois ou des citadins, tous se montrent extrêmement accueillants et nous donnent un petit aperçu de leur univers si différent du nôtre. Et, bien sûr, il y a la mystérieuse Laura qui accompagne l'auteur à mesure que les pages de son carnet se remplissent. Une odyssée en Patagonie est un magnifique récit de voyage mêlant aventure, découverte de terres inexplorées et rencontres improbables ; un moyen pour le lecteur de découvrir des terres presque inexplorées tout en savourant la sécurité de son chez-soi ; un retour en arrière dans l'histoire d'une région si peu connue et peuplée de légendes… Avec ce livre magnifique, Inti Salas Rossenbach nous invite à monter à bord de son kayak pour participer à l'aventure.
Je remercie Babelio pour l'organisation des masses critiques, sans lesquelles je n'aurais probablement pas découvert ce livre.

 
Livre reçu dans le cadre des Masse critiques de Babelio





[EN] The Compass Cactus - Kari Kinnard Pratt & Kent Johnson Olsen

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Title: The Compass Cactus, Teen Book #1
Author: Kari Kinnard Pratt & Kent Johnson Olsen
Publisher: Outskirts Press
Release date: June 2013
Pages: 73

 

* Mr. Blake Eding, Ghost Creek Camp Dam engineer, shook his head in despair. "I hate to lose all this water, but we must release some or the whole dam will go." He flipped a switch titled "Release". Through the control window, he saw water begin pouring from the spillways. *
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Mr. Turner's sophomore science class is a favorite among his high school students, with lively experiments and funny discussions -and he has made science even more exciting by awarding a seat in the school bus going to the Ghost Creek Camp for anyone who scores 100% on their final exam. Ghost Creek offers ATVs, hiking trails, archery and more -with a competition to win two tickets to any venue, athletic or musical program the winner desires. It's what students work toward all year.
Sarah has earned 100% on her final exam, and she and her friends are packed up and ready for fun! But first they have to survive the flash flood that tips over their school bus... and this is only the beginning of Sarah's summer adventures.



The Compass Cactus is a short book telling the first part of Sarah’s summer adventures. Every year, science teacher Mr. Turner awards a day at the Ghost Creek Day Camp to anyone who scores 100% on their final exam. Students work towards this aim all year long and Sarah is delighted when she is chosen with a few of her friends. But as the weather worsens and flash flood threatens the school bus, they realise that the day will not be as fun as they had expected.
The back cover summary caught my attention straightaway. A young adult book was a nice break in my reading and the story seemed promising. However, I must admit I was disappointed. I would not say I did not enjoy it at all, but I turned the last page being rather frustrated, as it did not live up to my expectations.
First of all, the figures did not convince me. I know it is a young adult novel, but still, their character was not developed enough; therefore, I did not have the feeling I got to know them enough to like them. We have the “goodies” and the “baddies”, two clearly defined groups, and the clichés annoyed me because of the lack of realism. In such a critical situation, I cannot really imagine that anybody could be stupid enough to go on trying to harm someone before even thinking about their own safety. Likewise, the perfect protagonists with leader qualities who could save everybody else got on my nerves rather quickly.
The story focuses mainly on Sarah, but eight other students and the teacher are part of the group as well. I felt that it was too many given that the book only has 73 pages. Some of the characters are only briefly introduced to the reader, but they do not seem to really play a role in the plot. However, keeping in mind that there are two more books to come, they might develop later on. It would be interesting to find out...
I found the idea of the plot itself interesting, although not original. I was thus waiting for a special event, for something that would make it different from anything I had read before, but it never came. It I try to analyse why I was disappointed, I must say it is probably because of the lack of suspense. Indeed, the main problem is that we know most of what is going to happen because of the back cover summary. If it contained less information, I would probably have felt drawn to Sarah’s adventures much more that I actually did and not expected more dramatic events to take place.
The positive points of The Compass Cactus – because there are some as well – are mostly the writing style; it perfectly suits the young adult genre and is easy to read. The organisation of the book in chapters with mention of the day and time is good and the layout pleasant. I also enjoyed the fact that we had various viewpoints as the story went on; briefly meeting the rescue team, the bus driver, Sarah’s parents... is a good way of keeping our interest and involving a little suspense in the plot.
The explanations about flash flood and several other elements about nature and scouting were also interesting, but I would have liked to know more about the context and environment than about the characters’ actions.
The Compass Cactus is not a book that convinced me. I finish it with an aftertaste of unfinished: the plot and the characters are interesting, but I think they need to be developed and improved in order to avoid clichés. The main problem is the back cover summary, which spoils the suspense and actually advertises for the second and third books rather than for the first one. A much younger audience will however probably enjoy reading it – maybe I have just become too old and fussy to enjoy young adult reads!
I thank the authors Kari Kinnard Pratt and Kent Johnson Olsen for providing me with a copy of their book and Bostick Communications for allowing me to discover a wide range of new books. Although my review is not as good as I had expected, I might read the next books if I get chance as I do not like to be left with mixed feelings.

 
Partnership with authors Kari Kinnard Pratt & Kent Johnson Olsen
Organised by Bostick Communication



[FR] La femme à 1000° - Hallgrímur Helgason

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Titre : La femme à 1000°
Auteur : Hallgrímur Helgason
Titre original : Konan við 1000° (islandais)
Traducteur : Jean-Christophe Salaü
Éditeur : Presses de la Cité
Date de publication : 2011 (août 2013 pour la traduction française)
Pages : 633
 

* Nous, les Islandais, portons un trésor en bouche, trésor qui nous a façonnés plus que toute autre chose. Au moins, nous ne gaspillons pas les mots dans le superficiel. Le problème de la langue islandaise est qu'elle est bien trop grande pour une société si petite. Jai lu sur Internet qu'elle contient six cent mille mots et plus de cinq millions de déclinaisons possibles. Elle est plus développée que le pays lui-même. *
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Condamnée à vivre dans un garage avec pour seule compagnie son ordinateur portable, une provision de cigarettes et une grenade datant de la fin de la Seconde Guerre mondiale, une octogénaire islandaise atteinte d'un cancer en phase terminale revient sur sa vie en attendant la mort. Car Herra, comme on l'appelle, a beaucoup de choses à raconter. Petite-fille du premier président d'Islande, fille d'une paysanne et du seul nazi islandais avéré, elle a, au fil de son existence mouvementée, vécu la guerre et l'exil, connu beaucoup d'hommes, parfois célèbres, et vu la mort, de bien trop près. Avant de s'envoyer en l'air pour de bon, elle passe en revue son passé et celui de son pays, l'occasion pour elle de régler au passage quelques comptes.

Dans ce roman inclassable et truculent qui, à la manière d'un collage, alterne humour, cynisme, tendresse, absurde, poésie et noirceur, Hallgrímur Helgason fait preuve d'une inventivité linguistique époustouflante. La Femme à 1000° navigue entre légèreté et profondeur au gré du récité de l'irrévérencieuse Herra, dont l'histoire est à l'image de celle de l'Islande, sa patrie, et de celle de l'Europe: mouvementée, sanglante et tragique.



“Herbjörg María Björnsson. Un nom imprononçable que vous n’êtes pas près d’oublier. » Cette phrase, présente sur la quatrième de couverture, peut paraître quelque peu prétentieuse, mais elle résume finalement très bien l’impression générale se dégageant de La femme à 1000°. 
Au fil de courts chapitres, nous voyageons entre le présent d’Herbjörg María Björnsson, surnommée Herra, et son passé. Avec elle, nous voyageons à travers l’Islande, le Danemark, l’Allemagne, la France et l’Argentine ; nous vivons la Seconde Guerre Mondiale, l’indépendance de l’Islande ; nous rencontrons des personnalités comme John Lennon, Evita, Marlene Dietrich ou Jean-Paul Sartres. 
Vous l’aurez compris, les quelques 600 pages de La femme à 1000° sont emplies d’évènements d’importance capitale pour l’histoire, de réflexions sur une société en pleine mutation et d’anecdotes riches en détails, ce qui n’en fait pas une lecture facile. Les références historiques sont très nombreuses, tout comme les citations et allusions littéraires, et quelques connaissances préalables sur l’Islande et sa culture se révèlent utiles à la compréhension globale. 
Hallgrímur Helgason se sert en réalité d’Herra pour se pencher sur l’histoire de l’Islande. De la pauvreté des îles et de la campagne aux salons de luxe de la résidence présidentielle, un aperçu foisonnant de la société et de son évolution s’offre au lecteur – la beauté des paysages, le silence des habitants, le viol des femmes et leur condition... Le tout sur un ton incisif, empreint d’humour et d’ironie, en alternance avec un style plus gave et objectif. 
Pourtant, loin d’être réduit à une simple technique narrative, le personnage principal ne passe pas au second plan. Au fil des événements qui ont marqué son existence et la vie d’une nation entière, nous découvrons une personne haute en couleur et au caractère fort, à laquelle nous nous attachons sans même nous en rendre compte. Sans longues descriptions, l’auteur nous fait peu à peu à faire connaissance avec cette femme pleine de contradictions qui, après une vie aux quatre coins du monde entourée de personnages plus intéressants les uns que les autres, se retrouve seule dans son garage en compagnie de son ordinateur et de sa connexion Internet. Une femme, donc, qui malgré son cancer, suit l’air du temps et s’adapte à la société actuelle. 
Constamment, nous passons du présent au passé avant de revenir au présent, ce qui est tout d’abord difficile à suivre. Les souvenirs eux-mêmes ne s’enchainent pas toujours dans l’ordre chronologique, mais comme la date est indiquée à chaque fois, on s’habitue vite à ce calendrier quelque peu fantaisiste. Plus encore, cette apparente confusion semble traduire le fil de pensée de l’héroïne, ajoutant une dimension de réalisme à l’histoire. 
Le style de l’auteur est, tout comme le roman lui-même, plutôt surprenant. Le vocabulaire est recherché et de nombreux néologismes et inventions donnent de la profondeur aux phrases, tout comme les jeux de mots et double sens qui démontrent que la traduction est exemplaire. En résulte une impression de richesse et une abondance de détails qu’il n’est néanmoins pas toujours facile de suivre. 
Pour conclure, La femme à 1000° est un roman à la fois intéressant et surprenant, que je recommande à un public intéressé par l’histoire et amateur de belle plume. Ce n’est toutefois clairement pas une lecture facile ; ne vous attendez donc pas à le lire d’une traite, mais profitez des courts chapitres pour l’apprécier peu à peu et découvrir la culture islandaise si particulière. 
Je remercie Babelio pour l’organisation de cette masse critique, ainsi que les éditions Presse de la Cité, sans qui je n’aurais sans doute jamais découvert ce roman inattendu et entraînant.

 
Livre reçu dans le cadre des Masse critiques de Babelio





[FR] Après la Vague - Alexander Key

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Titre : Après la Vague
Auteur : Alexander Key
Titre original : The Incredible Tide (Anglais)
Traducteur : Arnaud Guillemette
Éditeur : Aux Forges de Vulcain
Date de publication : 2012
Pages : 177
 

* Il vit la brume qui environnait Industria, et perçut son odeur bien avant que le navire ne s'approchât suffisamment pour qu'il pût la distinguer. Il y avait dans cette étendue vaste et laide quelque chose de vaguement familier. Avec un dégoût grandissant, il fixait du regard les ares de tuyaux emmêlés et les réservoirs, la fumée épaisse qui montait de certaines cheminées, et l'amas énorme de bâtiments en plastique, qui se dressaient brutalement entre la mer et les mornes collines. *
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« Les cris des oiseaux marins, ses seuls amis, et les petits galets qu’ils laissaient tomber sur sa hutte, tirèrent Conan du sommeil dès l’aube. A quatre pattes, il sortit précipitamment, et courut jusqu’à la plage étroite, persuadé qu’un banc de poissons s’était aventuré dans l’un de ses pièges. Les oiseaux le prévenaient toujours de cette façon lorsque le poisson était pris au piège, mais il ne tarda pas à découvrir que ceux-ci étaient vides, et les mouettes et les sternes continuaient de tournoyer à ses côtés, en poussant de grands cris. Qu’essayaient-ils de lui faire comprendre ? »
(Résumé du site de l'éditeur) Après de longues années de guerre et un cataclysme, le monde occidental est détruit. A 17 ans, Conan est un rescapé qui vit sur un îlot depuis cinq ans lorsque l’arrivée d’un bateau arborant le pavillon ennemi vient rompre sa solitude. Emmené contre son gré, Conan découvre la ville de l’Ordre nouveau, Industria, dans laquelle sa force physique et son intelligence le destinent à la condition d’ouvrier. Cependant, Conan refuse de se soumettre à la hiérarchie sociale d’une cité dont il exècre le fonctionnement totalitaire. Mû par son esprit d’indépendance et son désir de retrouver les siens à High Harbor, une petite cité qui résiste tant bien que mal à la suprématie de l’Ordre nouveau, il trouve l’aide nécessaire pour planifier sa fuite.



Imaginez que, dans un monde prédominé par la guerre, une catastrophe naturelle cause des dommages irréversibles pour l’être humain. Imaginez qu’une énorme vague recouvre la plupart de la planète, engloutissant des villes entières et leur population. Imaginez que les survivants se retrouvent privés des inventions scientifiques qui ont révolutionné le monde et que leur mode de vie devienne proche de celui des hommes primitifs. Qu’adviendrait-il alors de l’humanité ?
Voici le point de départ du roman d’Alexander Key, Après la vague. Suite au « Changement », la mer a recouvert la planète, ne laissant que peu de terres émergées. Le jeune Conan vit sur un îlot, avec pour seule compagnie, des oiseaux, et il doit se battre jour après jour pour survivre. Lorsqu’il est secouru, ce qui devrait être une délivrance se révèle pourtant pire encore que ce qu’il avait vécu jusque là : emmené à Industria, la ville régie par l’Ordre Nouveau, il découvre un système révoltant auquel il refuse de se soumettre. Heureusement, Conan n’est pas aussi seul qu’il le croit et un vieil ami l’aidera à accomplir sa mission.
Le résumé proposé sur le site de l’éditeur m’a immédiatement fait penser à La planète des singes, de Pierre Boulle, qui m’avait beaucoup plu à l’époque. Malgré mon manque d’expérience de romans post-apocalyptiques et de science fiction, je me suis laissé entraîner dès les premières pages dans ce monde d’après le Changement. Une écriture agréable nous entraîne aux côtés de Conan dans ce monde hostile et le roman est parfaitement rythmé par l’action. C’est au fil des évènements que nous en apprendrons plus sur les personnages et les évènements qui ont changé le monde.
Comme tout livre de ce genre, nous assistons à la dénonciation du comportement irresponsable de l’être humain ; le Changement est une conséquence de leurs guerres, de leurs luttes pour le pouvoir et d’un grand manque d’attention portée à la planète. Nous ne savons que très peu de choses sur le monde avant cette grande catastrophe, mais il n’est pas difficile d’imaginer qu’il s’agissait de la Terre que nous connaissons. S’opposent par la suite deux villes dans lesquelles les hommes ont réagi tout à fait différemment : Industria et High Harbor.
Industria est en quelque sorte le pire qui peut arriver, une ville parfaitement artificielle, où le système favorise les gens ayant du pouvoir par rapport aux citoyens de deuxième et troisième classe. Les marqués, quant à eux, n’ont aucune chance. Un climat d’oppression règne dans cette zone, là où tout le monde est prêt à dénoncer les autres pour accéder aux richesses qui sont réservées aux dirigeants. Toutefois, même si ce lieu représente une sorte d’enfer, les personnages ne sont pas tous « mauvais » ou « bons ». Si principaux membres de l’Ordre Nouveaux ont clairement de mauvaises intentions, et Conan et les siens, de nobles intentions, les autres protagonistes sont bien plus nuancés. Comme l’explique le Professeur, comment ne pas admirer ceux qui ont survécu au Changement et se sont adapté à ce nouveau mode de vie.
À High Harbor, bien que la situation soit différente, il y a également des problèmes et l’on remarquera bien vite qu’on est loin du paradis. Ici, tout est naturel et nombre d’hommes sont redevenus des « sauvages ». Or, des luttes pour le pouvoir se préparent également, conséquence inévitable du manque de ressources et de l’impuissance des habitants face aux forces de la nature. Lequel de ces deux endroits est donc préférable ? L’auteur ne nous le dit pas, et tout lecteur comprendra sans doute qu’un compromis entre nature et science pourrait être une option.
Le contraste entre Conan, jeune inexpérimenté, et le Professeur, le grand savant connaissant le secret qui pourrait les sauver, est très intéressant. Tous deux se battent pour la même chose, mais le jeune homme a encore beaucoup à apprendre ; de même, le Professeur ne peut mener à bien sa mission tout seul. Alexander Key nous propose ici une solution pour survire à des situations qui paraissent insurmontables : l’entraide. De nombreux survivants souhaitent reconstruire un monde meilleur qu’auparavant, mais face aux difficultés, ils doutent et désespèrent. Et, pendant ce temps, d’autres en profitent pour assouvir leur soif de pouvoir.
Les protagonistes sont hauts en couleur et bien développés. Il est facile de s’attacher à Conan au fil des pages, ainsi qu’aux siens, qu’il s’agisse du Professeur, de Lanna, son amie d’enfance, du docteur Shann ou des autres survivants. Comment ne pas admirer leur courage ? Quant aux personnages secondaires, bien qu’ils ne soient qu’esquissés, ils nous donnent matière à réfléchir tant ils suscitent des émotions contradictoires.
La science et le surnaturel se côtoient sans cesse, mélange qui ajoute encore de l’intérêt à l’intrigue. Les inventions technologiques sont aussi importantes que la voix qui guide nos héros. Par ailleurs, dans un monde où les moyens de communication modernes ont disparu, la télépathie prend une dimension très importante et resserre les liens entre différents personnages.
La fin du roman est très ouverte, ce que j’ai apprécié, car c’est au lecteur d’imaginer la suite. Et, au vu des derniers évènements qui surviennent, Après la vague est finalement bien plus qu’un simple avertissement ou une critique de la société ; c’est avant tout un message d’espoir qui nous est livré par des mots simples et un style élégant. Et si un mélange de science et de foi, d’amitié et d’entraide, était la solution aux problèmes de l’humanité. Une traduction de qualité pour un roman magnifique.
Je remercie du fond du cœur les éditions Aux Forges de Vulcain de leur confiance et le forum A&M pour l’organisation de ce partenariat. Ce fut un véritable coup de cœur que je recommande à tous, petits et grands !

 
Partenariat avec les Éditions Aux Forges de Vulcain





[FR] Le Pays Creux - William Morris

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Titre : Le Pays Creux
Auteur : William Morris
Titre original : The Hollow Land (anglais)
Traducteur : Maxime Massonnat
Éditeur : Aux Forges de Vulcain
Date de publication : 1996 (Traduction française : 2011)
Pages : 52
 

* Nul ne peut le décrire car sa beauté est trop grande, un grand pays creux : les rochers tombent à pic pour former des précipices de ce côté, puis les étendues du plus beau pays, encore et encore, des arbres, des fleurs, des blés, puis des collines, vertes et bleues, et pourpres, avant que leurs saillies n'atteignent enfin la blancheur des montagnes enneigées. Alors comme pour tout sentiment étrange, "mon coeur en mon corps fut comme cire fondue.*
_________________________________ 

Savez-vous où il se trouve – le Pays Creux ? Depuis longtemps, maintenant, j’en suis à la recherche, j’essaie de le retrouver – le Pays Creux – car c’est là que j’ai vu mon amour pour la première fois. Je veux d’abord vous dire comment je l’ai trouvé ; mais je me fais vieux, et ma mémoire me trahit : il vous faut patienter et me laisser réfléchir si d’aventure je puis vous dire comment c’est arrivé. Oui, à mes oreilles résonne un bruit de trompettes qui retentissent dans des landes désolées, de mes yeux et mes oreilles, je vois, j’entends le choc et le fracas des sabots de chevaux, le son et l’éclat de l’acier ; des lèvres retroussées, des dents serrées, des cris, des hurlements, et des imprécations. [...]


Savez-vous ce qu’est le pays creux ? Non ? Eh bien moi non plus, je ne savais pas de quoi il s’agissait avant de commencer ce livre. J’ai donc commencé par spéculer avant de me plonger dans ce petit roman, et je dois dire que j’ai été bien surprise.
Tout d’abord, par le genre de l’histoire. En effet, dès les premières pages, j’ai eu l’impression de lire un conte. Un de ces contes merveilleux dont raffolent les enfants, plein de valeureux chevaliers, de seigneurs et de désirs de vengeance. Toutefois, cette histoire n’est clairement pas destinée à un public jeune : nous suivons les souvenirs de Florian de Liliis, désormais vieil homme, et sa recherche du pays creux. Nous commençons par son enfance, où il décide de venger son frère pour une question d’honneur. Mais il comprend bien vite que d’agir à la place de Dieu n’est pas une solution et, le cœur et l’âme tachés par cette mauvaise action, il se met donc en quête du pays creux, où il avait laissé son amour, et cherche à obtenir le pardon du seigneur.
La narration est quelque peu surprenante, car si on s’attarde beaucoup sur les pensées de Florian, on en sait finalement très peu sur son caractère. Les autres personnages m’ont eux aussi paru très simples et peu développés, et je pense que quelques pages supplémentaires s’attardant sur leur psychologie auraient apporté beaucoup à ce court roman. De même, l’inconsistance dans la description des lieux m’a parfois dérangée. En effet, on parle beaucoup du pays creux, mais on n’en a jamais réellement l’image car il n’est pas détaillé – sous prétexte qu’il est trop beau pour être décrit. Par contre, lors des scènes de batailles, l’auteur s’attarde sur certains éléments qui m’ont paru bien insignifiant : les vêtements des combattants sont décrits avec précision, tout comme leurs mouvements, et cela devient quelque peu répétitif. Il y a donc un grand déséquilibre entre les descriptions des lieux, qui sont presque inexistantes, et celles de l’action, qui sont bien trop fournies à mon goût.
Un autre point qui m’a surprise est le style de l’auteur, très soigné et complexe. Le vocabulaire est recherché et la présence de quelques termes techniques de l’époque des chevaliers et des seigneurs rend le tout très réel. Il est vrai que ce n’est pas facile à lire, mais après quelques pages, quand on s’habitue à la plume, c’est très agréable et poétique, et on peut le lire avec fluidité. Ce que je déplore, toutefois, c’est que plus on avance dans la lecture, plus de petites erreurs de typographie se glissent dans le texte. Ce qui est dommage au vu du talent manifeste de l’auteur
Ce qui m’a un peu plus freinée dans ma lecture, c’est le fil des pensées de Florian, qui m’ont paru, à plusieurs reprises, bien confuses. Je pense que, d’un côté, cela fait partie du charme de cette histoire car, après tout, Florian nous explique au début qu’il est un vieil homme et que sa mémoire lui joue quelques tours. Avec cette organisation, on a vraiment l’impression de se trouver dans sa tête, emporté par le flot des ses souvenirs. C’est toutefois un peu déroutant, et j’ai dû laisser reposer le livre après l’avoir terminé, puis reprendre quelques passages avant de bien comprendre le tout.
Le pays creux m’a donc plu dans l’ensemble, même si j’aurais souhaité qu’il soit plus développé, car on arrive à la fin sans même s’en rendre compte. Les personnages manquent un peu de personnalité et les lieux de couleurs, mais l’action est prenante et Florian très attachant. La plume de William Morris est très belle, mais pas toujours facile à comprendre, et une bonne connaissance de la langue française et éventuellement du vocabulaire de la période des seigneurs et chevaliers est nécessaire pour apprécier la lecture à sa juste valeur. Bien qu’elle s’apparente quelque peu à un conte, c’est une histoire qui est, selon moi, plutôt destiné à un public adulte et mûr en raison des thèmes importants décrits : la rédemption, la vengeance, la mort…
Je remercie finalement le forum Accrocs et Mordus pour l’organisation de ce partenariat, et les éditions Aux forges de Vulcain pour la découverte de cet univers magique que je n’aurais jamais découvert autrement.

 
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