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[EN] The Sunrise - Victoria Hislop

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Title: The Sunrise
Author: Victoria Hislop
Publisher: Headline Review
Release date: 2015 
Pages: 432

 

*Fine, pale sand and a turquoise sea had together created the most perfect bay in the Mediterranean, and pleasure-seekers came from all around the world to soak up in it warmth and to enjoy the sensual pleasure of the calm waters that gently lapped around them. Here was a glimpse of paradise.*
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In the summer of 1972, Famagusta in Cyprus is the most desirable resort in the Mediterranean, a city bathed in the glow of good fortune. An ambitious couple open the island's most spectacular hotel, where Greek and Turkish Cypriots work in harmony. Two neighbouring families, the Georgious and the Özkans, are among many who moved to Famagusta to escape the years of unrest and ethnic violence elsewhere on the island. But beneath the city's façade of glamour and success, tension is building.
When a Greek coup plunges the island into chaos, Cyprus faces a disastrous conflict. Turkey invades to protect the Turkish Cypriot minority, and Famagusta is shelled. Forty thousand people seize their most precious possessions and flee from the advancing soldiers. In the deserted city, just two families remain. This is their story.




The Sunrise, a book I had expected for some time. After enjoying The Thread immensely, I was impatient to discover Victoria Hislop’s latest novel.
Cyprus, 1972. In Farmagusta, Savvas and Aphroditi Papacosta open The Sunrise, the grandest hotel in town. Here, Greeks and Turks work and live together, welcoming tourists to their small parcel of heaven, oblivious to the building political tensions on the island. However, a Greek coup is all it takes for hell to break loose: the town is deserted as everybody tries to salvage what they have left and run for their lives… everybody but two families, the Georgious and the Özkans. One is Greek, the other Turkish, but they both have reasons for staying behind.
As in Victoria Hislop’s previous novels, I enjoyed the mix between fiction and history, love and violence, hope and despair. I must admit, however, that something was lacking to make the story enthralling. Do not misunderstand me, it is an easy and pleasant read, but I had expected much more of it given the context.
It appears early in the story that the author is familiar with the history of Cyprus. The reader is given details about events taking place on the rest of the island as well as in Greece and Turkey, which will help understand what is at stake for the two families. From the bombing to the camps, we are given a grim and detailed description of what life was like for hundreds of people.
The situation is different for the Georgious and the Özkans. They have stayed behind and they are in hiding. Their story is different to that of the fleeing Cypriots, be them Greek or Turkish, but it is also about survival, help, fear and hope. As touching as it is, I have not been involved as much as I was with The Thread and I think it is due to the characters.
While there was great potential in the plot, I found that there were too many stereotypes and that the characters notably lacked depth and personality. I have not been able to feel many emotions because I found them rather simply depicted, serving the purpose of advancing the story rather than really existing for themselves. In a story about two families, I expected more focus on their emotions and feelings, which would have rendered the story more likely. They almost disappear in the background several times and this revealed weaknesses in the plot.
Although I had expected the story not to be all rosy, I had not expected to finish reading it feeling frustrated and dissatisfied; we can expect a developing love story to be difficult in the context, but not that it would be wasted like this; we can accept some lucky turns of events, but not completely unlikely twists and turns; we can understand that some characters are not as good as they seem, but clearly separating good and evil does not contribute to the realism of the story, especially in the context of the civil war.
The Sunrise is overall an entertaining book, but in my opinion it does not compare with Victoria Hislop’s previous novels. Fiction and history are combined and, although the characters’ personalities leave somewhat to be desired, it gives a good overview of the consequences of an important episode of Cypriot history, which explains today’s political tensions on the island.

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http://iletaitun-livre.blogspot.ch/2013/08/challenge-travelling-world-in-books.html http://www.rosecityreader.com/p/the-european-reading-challenge-january.html



* In short * 
From paradise to ghost-town

Mixing history and fiction, The Sunrise is about Farmagusta; it is about Greek and Turkish Cypriots; it is about two families in the middle of a political disaster; about love, fear and hope. Despite the characters’ lack of personality, it is an easy and pleasant read.







[FR] Dans le jardin de la bête - Erik Larson

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Titre : Dans le jardin de la bête
Titre original : In the garden of beasts (EN - US)
Auteur : Erik Larson
Traducteur : Edith Ochs
Éditeur : Le Livre de Poche
Date de publication : 2011, 2012 (traduction française)
Pages : 627
 

* La nation se préparait tranquillement mais efficacement à la guerre, utilisant la propagande pour faire valoir que "le monde entier était contre l'Allemagne et qu'elle se trouvait sans défense face au monde". *
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1933. Sollicité par le président Roosevelt, William E. Dodd accepte d'être le nouvel ambassadeur américain à Berlin. S'il n'est pas diplomate mais historien, il a un solide atout : il est germanophone. Lorsqu'il débarque en Allemagne, sa femme et ses enfants l'accompagnent. Sa fille, Martha, 24 ans, succombe vite aux charmes du narisme et plus particulièrement à ceux de Rudolf Diels, le chef de la Gestapo. Au fil des mois, les yeux de W. E. Dodd se dessillent. Il tente d'alerter le département d'État américain sur la vraie nature du régime. En vain. Martha, quant à elle, s'éprend d'un espion russe.
Grâce aux notes personnelles de William et de Martha Dodd, l'auteur du Diable dans la ville blanche nous dévoile une page de l'histoire inconnue qui se lit comme un thriller palpitant.
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* La Gestapo entretenait son image sinistre en conservant le secret sur ses opérations et ses sources d'information. Les gens recevaient par la poste des cartes comme tombées du ciel, leur demandant de se présenter pour un interrogatoire. Ils étaient terrorisés. Malgré leur apparence ordinaire, ces convocations ne pouvaient être négligées ni ignorées. [...] "On peut échapper à un danger identifiable, remarque l'historien Friedrich Zipfel. Mais une police qui travaille dans l'ombre devient insaisissable. On ne se sent à l'abri nulle part. Sans être omniprésente, elle risque toujours d'apparaître, de fouiller, d'arrêter. Le citoyen inquiet ne sait plus à qui se fier."  


Alors qu’il est très facile de citer le titre d’un livre se passant pendant la Seconde Guerre mondiale, il est beaucoup moins évident d’en trouver un qui évoque les années qui ont précédé ce conflit ; c’est pourtant le cas de Dans le jardin de la bête, qui nous plonge dans la montée du nazisme à Berlin depuis l’année 1933.
Lorsque William E. Dodd accepte le poste d’ambassadeur américain à Berlin, il est loin de se douter de ce qui l’attend. N’importe qui doit avoir le cœur bien accroché pour accepter une telle mission, mais il n’est de plus pas diplomate ; très vite, lui et sa famille se retrouvent projetés dans la vie politique du pays, cohabitant avec les nazis et les antinazis, dans un milieu de plus en plus hostile et dangereux. Aux États-Unis, on entend bien sûr parler du nazisme, mais Dodd se rendra bien vite compte que la réalité est toute autre.
Erik Larson est journaliste, ce que l’on remarque immédiatement : il s’est extrêmement bien documenté sur la période et sur le sujet et inclut dans ce roman de nombreuses citations et notes historiques très utiles pour les passionnés de cette période. Il en ressort un roman historique très complet, basé sur les notes personnelles des différents personnages que l’on apprend à connaître au fil des pages. Le lecteur découvre peu à peu la vraie nature du régime et vit de l’intérieur plusieurs évènements historiques de grande importance.
Le point fort, c’est sans aucun doute le mélange de points de vue ; l’auteur s’est servi de sources variées, ce qui nous permet d’entrevoir les difficultés de l’époque : impossible de faire confiance à qui que ce soit, impossible de dire ce que l’on pense – que ce soit en Allemagne, bien sûr, ou même à l’étranger – et impossible de ne pas se retrouver, d’une manière ou d’une autre, mêlé à tout cela. Au fil des pages, les personnages évoluent dans un monde de plus en plus dangereux, dans lequel les abus de pouvoir sont monnaie courante. Les nazis, la Gestapo, les SS, les SA, l’armée... il y a de quoi se perdre dans les intrigues...
De manière générale, j’ai eu de la peine à me plonger dans le roman, principalement en raison du grand nombre de notes de bas de page, de citations et d’explications. Il était difficile de suivre le fil, car j’avais l’impression que l’on passait d’un évènement à l’autre sans lien et qu’il y avait un trop grand nombre de digressions. Le style, très documenté, rend également les personnages peu accessibles, ce qui n’aide pas à entrer dans l’histoire.
En reprenant à posteriori mes impressions sur le livre, je dois tout de même admettre que j’ai passé un bon moment et que c’est un livre extrêmement intéressant. Je pense que ma déception est due au fait que ce n’est pas vraiment ce que j’en attendais : en réalité, c’est un roman historique bien plus qu’un thriller... Une fois l’idée acceptée, les pages se sont tournées d’elles-mêmes.
Bien que le début ait été un peu difficile, une fois que l’on s’habitue au style, on a envie de connaître la suite... qui arrive finalement trop vite. Alors que le début est très détaillé, plus on arrive vers la fin, plus les évènements se précipitent et je trouve que ce déséquilibre au niveau du rythme est dommage. Mis à part ces petits détails, c’est un roman passionnant pour tous ceux qui aiment l’histoire, car il donne d’une part un point de vue différent, et traite d’autre part une période qui est finalement peu connue.
Je remercie Le Livre de poche pour l’organisation du Prix des lecteurs 2014, dans le cadre duquel j’ai reçu ce roman.
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http://prixdeslecteurs.livredepoche.com/


* En bref... * 
Un roman historique sur les années précédant la Seconde Guerre mondiale.

Journaliste, Erik Larson nous propose un roman très documenté sur la montée du nazisme à Berlin. Aux côtés de l’ambassadeur William E. Dodd, qui est tout sauf un diplomate classique, on découvre la vraie nature du régime, qui se fait de plus en plus menaçant. D’importants évènements historiques nous sont décrits de plusieurs points de vue, grâce aux notes personnelles, aux archives et à la correspondance des différents personnages.
En moins de temps qu’il ne faut pour le dire, on se retrouve projeté au cœur des intrigues que trament l’armée, les SS, les SA et la Gestapo, et la seule constante qui semble régner est la soif de pouvoir. Dans le jardin de la bête est un roman historique qui plaira à tous les passionnés d’histoire qui veulent découvrir un point de vue inédit sur une période que l’on connaît finalement peu.


 



[FR] La femme à 1000° - Hallgrímur Helgason

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Titre : La femme à 1000°
Auteur : Hallgrímur Helgason
Titre original : Konan við 1000° (islandais)
Traducteur : Jean-Christophe Salaü
Éditeur : Presses de la Cité
Date de publication : 2011 (août 2013 pour la traduction française)
Pages : 633
 

* Nous, les Islandais, portons un trésor en bouche, trésor qui nous a façonnés plus que toute autre chose. Au moins, nous ne gaspillons pas les mots dans le superficiel. Le problème de la langue islandaise est qu'elle est bien trop grande pour une société si petite. Jai lu sur Internet qu'elle contient six cent mille mots et plus de cinq millions de déclinaisons possibles. Elle est plus développée que le pays lui-même. *
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Condamnée à vivre dans un garage avec pour seule compagnie son ordinateur portable, une provision de cigarettes et une grenade datant de la fin de la Seconde Guerre mondiale, une octogénaire islandaise atteinte d'un cancer en phase terminale revient sur sa vie en attendant la mort. Car Herra, comme on l'appelle, a beaucoup de choses à raconter. Petite-fille du premier président d'Islande, fille d'une paysanne et du seul nazi islandais avéré, elle a, au fil de son existence mouvementée, vécu la guerre et l'exil, connu beaucoup d'hommes, parfois célèbres, et vu la mort, de bien trop près. Avant de s'envoyer en l'air pour de bon, elle passe en revue son passé et celui de son pays, l'occasion pour elle de régler au passage quelques comptes.

Dans ce roman inclassable et truculent qui, à la manière d'un collage, alterne humour, cynisme, tendresse, absurde, poésie et noirceur, Hallgrímur Helgason fait preuve d'une inventivité linguistique époustouflante. La Femme à 1000° navigue entre légèreté et profondeur au gré du récité de l'irrévérencieuse Herra, dont l'histoire est à l'image de celle de l'Islande, sa patrie, et de celle de l'Europe: mouvementée, sanglante et tragique.



“Herbjörg María Björnsson. Un nom imprononçable que vous n’êtes pas près d’oublier. » Cette phrase, présente sur la quatrième de couverture, peut paraître quelque peu prétentieuse, mais elle résume finalement très bien l’impression générale se dégageant de La femme à 1000°
Au fil de courts chapitres, nous voyageons entre le présent d’Herbjörg María Björnsson, surnommée Herra, et son passé. Avec elle, nous voyageons à travers l’Islande, le Danemark, l’Allemagne, la France et l’Argentine ; nous vivons la Seconde Guerre Mondiale, l’indépendance de l’Islande ; nous rencontrons des personnalités comme John Lennon, Evita, Marlene Dietrich ou Jean-Paul Sartres. 
Vous l’aurez compris, les quelques 600 pages de La femme à 1000° sont emplies d’évènements d’importance capitale pour l’histoire, de réflexions sur une société en pleine mutation et d’anecdotes riches en détails, ce qui n’en fait pas une lecture facile. Les références historiques sont très nombreuses, tout comme les citations et allusions littéraires, et quelques connaissances préalables sur l’Islande et sa culture se révèlent utiles à la compréhension globale. 
Hallgrímur Helgason se sert en réalité d’Herra pour se pencher sur l’histoire de l’Islande. De la pauvreté des îles et de la campagne aux salons de luxe de la résidence présidentielle, un aperçu foisonnant de la société et de son évolution s’offre au lecteur – la beauté des paysages, le silence des habitants, le viol des femmes et leur condition... Le tout sur un ton incisif, empreint d’humour et d’ironie, en alternance avec un style plus gave et objectif. 
Pourtant, loin d’être réduit à une simple technique narrative, le personnage principal ne passe pas au second plan. Au fil des événements qui ont marqué son existence et la vie d’une nation entière, nous découvrons une personne haute en couleur et au caractère fort, à laquelle nous nous attachons sans même nous en rendre compte. Sans longues descriptions, l’auteur nous fait peu à peu à faire connaissance avec cette femme pleine de contradictions qui, après une vie aux quatre coins du monde entourée de personnages plus intéressants les uns que les autres, se retrouve seule dans son garage en compagnie de son ordinateur et de sa connexion Internet. Une femme, donc, qui malgré son cancer, suit l’air du temps et s’adapte à la société actuelle. 
Constamment, nous passons du présent au passé avant de revenir au présent, ce qui est tout d’abord difficile à suivre. Les souvenirs eux-mêmes ne s’enchainent pas toujours dans l’ordre chronologique, mais comme la date est indiquée à chaque fois, on s’habitue vite à ce calendrier quelque peu fantaisiste. Plus encore, cette apparente confusion semble traduire le fil de pensée de l’héroïne, ajoutant une dimension de réalisme à l’histoire. 
Le style de l’auteur est, tout comme le roman lui-même, plutôt surprenant. Le vocabulaire est recherché et de nombreux néologismes et inventions donnent de la profondeur aux phrases, tout comme les jeux de mots et double sens qui démontrent que la traduction est exemplaire. En résulte une impression de richesse et une abondance de détails qu’il n’est néanmoins pas toujours facile de suivre. 
Pour conclure, La femme à 1000° est un roman à la fois intéressant et surprenant, que je recommande à un public intéressé par l’histoire et amateur de belle plume. Ce n’est toutefois clairement pas une lecture facile ; ne vous attendez donc pas à le lire d’une traite, mais profitez des courts chapitres pour l’apprécier peu à peu et découvrir la culture islandaise si particulière. 
Je remercie Babelio pour l’organisation de cette masse critique, ainsi que les éditions Presse de la Cité, sans qui je n’aurais sans doute jamais découvert ce roman inattendu et entraînant.

 
Livre reçu dans le cadre des Masse critiques de Babelio





[FR] Zoya - Danielle Steel

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Titre : Zoya
Auteur : Danielle Steel
Titre original : Zoya (anglais US)
Traducteur : Arlette Rosenblum
Éditeur :Éditions du club France Loisirs
Date de publication : 1988 (Traduction française : 1990)
Pages : 470
 

* C'était un aperçu de cet homme que les autres ne connaîtraient jamais. Un coup d'oeil en arrière dans le temps sur une période exceptionnelle qui ne se reproduirait jamais pour aucun d'entre eux. La grandeur de ce que tous avaient connu faisaient paraître peu de choses ce qu'il avait à offrir à Zoya aux Etats-Unis. Par contre, il savait qu'elle serait heureuse à New York. Elle n'aurait plus jamais ni faim, ni froid. Au moins avait-il cela à donner..*
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Crinière couleur de flammes et yeux verts, Zoya a promené sa beauté le long de ce XXe siècle qui fut celui de tous les bouleversements : la Révolution d'Octobre qui la contraint à l'exil ; la fin de la Grande Guerre à Paris où émigrés et fugitifs tentent de survivre en exerçant les métiers les plus divers...
Les années folles en Amérique, ensuite, puis la Grande Dépression où des millions de gens n'ont, eux aussi, qu'une seule obsession : survivre. Puis, vient la Seconde Guerre mondiale, avec son cortège d'horreurs et d'actes héroïques.
Les décennies de l'après-guerre, plus paisibles en général, connaissent pourtant encore des soubresauts aussi brutaux qu'inattendus. Zoya aura été à la fois le témoin et l'actrice de tous ces événements qui, à des titres divers, devaient modifier de fond en comble le visage de la planète. Une vie exemplaire, une héroïne bouleversante.



A l’aube de la révolution russe, Zoya, une jeune cousine du tsar se voit obligée de fuir son pays avec sa grand-mère. Toutes deux gagnent Paris, où elles doivent s’habituer à une existence en tout point différent du luxe qu’elles ont connu auparavant. Heureusement, la force de caractère de la jeune fille lui permettra de survivre et de se construire une vie agréable, entre la France et New York.
Zoya retrace le portrait d’une jeune fille incroyable, qui fera preuve d’une capacité d’adaptation inimaginable. N’ayant rien connu d’autre que le luxe de la haute société jusqu’à ses dix-sept ans, la révolution la force à découvrir un monde tout différent, dans lequel elle doit travailler pour assurer sa subsistance et celle de sa grand-mère. Traumatisée par le sort de sa famille en Russie, elle se relèvera pourtant à chaque échec, poursuivant son rêve de bonheur. Et, comme dans toute fiction romantique qui se respecte, elle rencontrera l’amour.
Je dois admettre que, à ma grande surprise, j’ai été transportée sur les pas de l’héroïne sans même m’en rendre compte et j’ai apprécié ce roman qui me laissait au départ sceptique. Il est vrai que les romances ne sont pas vraiment mon genre, mais j’ai décidé de tenter ma chance avec Zoya en raison du contexte de la révolution russe, qui m’intéresse beaucoup. C’est donc sans surprise que je dirai que la première partie a été ma préférée : on y découvre Zoya dans son enfance et son adolescence, on entrevoit la beauté des palais de la famille royale et les paysages d’hiver de ce pays, bientôt détruit par de sanglants combats.
La deuxième partie est située à Paris et offre un contraste marqué avec la première. Fini le luxe, Zoya et sa grand-mère ne sont plus rien. Dans la misère, toutefois, la jeune fille fait preuve d’un courage sans pareil et se rend très attachante de par son fort caractère. C’est là qu’elle rencontrera l’amour, une histoire touchante, mais bien trop romancée et rapide à mon goût.
Voilà donc l’héroïne partie pour New York, où elle fera à nouveau partie des personnes influentes. Cela signifie une fois de plus un changement, et le fait qu’elle doive s’adapter à un nouveau système, mais elle le fait naturellement, sans problème visible. Le bonheur est toutefois de courte durée en raison de la crise de 1929, auquel son mari ne survivra pas. Zoya, elle, s’en sortira, tout comme ses enfants, et quelques années plus tard, elle rencontrera à nouveau l’amour. Bien qu’ayant apprécié cette partie, j’ai trouvé que l’auteur basculait trop dans les clichés, et qu’on passait trop souvent d’un moment de pur bonheur à un instant de profond désespoir, où les évènements tragiques s’enchaînent à une vitesse incroyable.
Malgré ces extrêmes, l’histoire m’a plu, sans aucun doute grâce à Zoya elle-même. Si les autres personnages manquent de profondeur, elle est tout simplement admirable. Le contexte y est aussi pour beaucoup, car Zoya a non seulement traversé la révolution russe, mais aussi la première guerre mondiale, le krach économique de 29 et la seconde guerre mondiale. Oscillant entre la haute société et les couches plus pauvres, elle nous donne un aperçu de la vie à cette époque historique importante et nous emmène par la même occasion dans le monde de la mode.
Zoya plaira donc aux amateurs de belles histoires d’amour. Elle est sans conteste l’héroïne idéale pour un tel roman de par son caractère et le contexte dans lequel elle évolue. J’aurais toutefois aimé avoir davantage de détails historiques et un peu moins de clichés, mais ce fut néanmoins une lecture agréable.



[FR] Purge - Sofi Oksanen

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Titre : Purge
Auteur : Sofi Oksanen
Titre original : Puhdistus (finnois)
Traducteur : Sébastien Cagnoli
Éditeur : Le Livre de Poche
Date de publication : 2008 (Traduction française : 2010)
Pages : 430
 

* Quand ceux qui rentraient des camps arrivèrent et s'installèrent pour une nouvelle vie, elle les reconnut parmi les autres gens. Elle les reconnut à leur regard obscurci, le même qu'ils avaient tous, les jeunes comme les vieux. Elle les évitait dans la rue, de loin déjà elle les évitait, et elle avait peur avant même de tourner la tête. Elle avait peur avant même de tourner la tête. Elle avait peur avant même de réaliser que c'était l'odeur du camp qu'elle voyait dans leurs yeux. Elle était toujours dans leurs yeux, la conscience du camp.*
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1992, fin de l'été en Estonie. L'Union soviétique s'effondre et la population fête le départ des Russes. Sauf la vieille Aliide, qui redoute les pillages et vit terrée dans sa ferme. Lorsqu'elle trouve Zara, une jeune femme meurtrie, en fuite, que des mafieux russes ont obligée à se prostituer à Berlin, elle hésite à l'accueillir. Pourtant, une amitié finit par naître entre elles. Allide aussi a connu la violence et l'humiliation... A travers ces destins croisés pleins de bruit et de fureur, c'est cinquante ans d'histoire de l'Estonie que fait défiler Sofi Oksanen.


Lorsque je termine un livre, je me mets généralement très rapidement à rédiger ma chronique et, que je l’aie apprécié ou pas, j’ai toujours de nombreuses choses à dire. En ce qui concerne Purge, de Sofi Oksanen, c’est tout différent. J’ai terminé ma lecture il y a quelques temps, mais je ne sais toujours pas réellement ce que j’en pense. Est-ce que je l’ai aimé ? Sans doute. Etait-ce un coup de cœur ? Certainement pas… Mais pourquoi ? Voilà une très bonne question.
Ce qui est sûr, c’est que ce roman n’était pas réellement ce à quoi je m’attendais. Et alors, qu’espérais-je y trouver ? Je ne le sais pas non plus. J’ai apprécié cette lecture sous plusieurs aspects, mais je n’en reste pas moins indécise, probablement en grande partie à cause de la fin.
L’action se déroule en Estonie, dans la ferme de la vieille Aliide. Elle découvre une jeune fille dans sa cour et, bien malgré elle, l’accueille chez elle. Elles feront connaissance et découvriront qu’elles ont bien plus en commun que ce qu’elles pensaient.
Forcément, dans un tel roman, le contexte est très important. L’Estonie est un pays à l’histoire compliquée, qui a passé des mains des communistes à celles des capitalistes (et inversement) à plusieurs reprises. Pour nous faire connaître cinquante ans d’histoire, l’auteure se sert de son personnage principal, Aliide. La première partie est consacrée au présent (1992) et à sa rencontre avec la jeune Zara, mais par la suite, elle se souviendra de son enfance, dès 1936, et des périodes troublées qu’a traversées son pays. L’histoire est divisée en chapitres très courts, oscillant entre le présent des personnages et leur passé. Heureusement, les lieux de l’action, ainsi que les dates, sont indiqués au début à chaque fois, de manière qu’on puisse s’y retrouver facilement. Il y a toutefois un élément qui m’a gênée dans cette division : la petite phrase en italique, sous les indications temporelles, qui résume en quelque sorte ce qui va suivre. En effet, je n’en vois pas réellement l’utilité et je trouve qu’elles gâchent un peu la surprise de ce qu’on va lire.
En ce qui concerne l’histoire en elle-même, elle est très intéressante, car les deux femmes ne se connaissent pas et ont pourtant un passé qui va les rapprocher. J’ai apprécié le voyage dans leurs pensées qui nous est offert, et le fait que l’une et l’autre ne se font pas réellement confiance. Ainsi, le lecteur en sait plus que les personnages, et ce décalage m’a beaucoup plu.
J’espérais en apprendre beaucoup sur les événements historiques de l’Estonie, et je dois avouer être un petit peu déçue à la fin. Je n’avais pas de connaissances préalables, ce qui fait que j’ai eu du mal à comprendre qui était dans quel camp et ce qui se passait réellement au début de l’histoire. Après avoir fait quelques recherches personnelles, j’ai mieux saisi le déroulement de l’intrigue, mais je trouve que les explications sont un peu trop compliquées pour ceux qui ne s’y connaissent pas. Heureusement, il y a un résumé chronologique à la fin du roman, qui résume toutes les étapes importantes et explique en bref ce qu’il faut savoir pour apprécier pleinement l’histoire.
Je me suis prise d’affection pour Aliide, alors que j’aurais voulu la détester pour ses actes passés. A mesure que j’en apprenais plus sur elle, je la trouvais plus attachante et j’essayais de me représenter à sa place et d’imaginer ce que j’aurais pu faire dans sa situation. C’est un personnage étrange, et ce n’est qu’au fil des pages que l’on comprend mieux ses agissements. Du côté de Zara, bien que je l’aie appréciée également, j’aurais voulu qu’elle soit un peu plus développée, car on en sait finalement relativement peu à son sujet.
Si la première partie m’a paru compliquée – probablement à cause de tous les aspects politiques – la suite du roman m’a beaucoup plu et j’ai apprécié le style de l’auteur, mélangeant les registres, incluant des métaphores et des images. Les quelques lettres glissées dans le récit m’ont aussi plu, car elles mettaient en scène un autre personnage que l’on ne rencontre pas directement.
Malgré cette dernière note plutôt négative, Purge reste un roman qui vaut la peine d’être lu et qui mérite ses excellentes critiques. Les personnes ayant quelques connaissances historiques de l’Estonie prendront sans doute plus de plaisir à la lecture, car les aspects politiques sont importants dans ce livre et parfois compliqués à comprendre. La plume de l’auteur (de même que sa traduction) est agréable à lire et l’histoire très touchante nous donne un aperçu d’une période troublée vécue par ce petit pays. Un livre que je recommande à tous ceux qui s’intéressent à l’histoire et à d’autres cultures, mais pas à un public trop jeune car certaines scènes sont violentes et crues, et les thèmes abordés – tels que le mensonge, la peur… – sont sérieux.


http://iletaitun-livre.blogspot.ch/2013/08/challenge-travelling-world-in-books.html


[EN] Between Shades of Gray - Ruta Sepetys

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Title: Between Shades of Gray
Author: Ruta Sepetys
Publisher: Penguin Books
Release date: 2011
Pages: 344
 

* I shut the bathroom door and caught sight of my face in the mirror. I had no idea how quickly it was to change, to fade. If I had, I would have stared at my reflection, memorizing it. It was the last time I would look into a real mirror for more than a decade. *
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Lina is just an ordinary, youg Lithuanian girl. She paints, she draws, she gets crushes on boys. Until the night in 1941 when Soviet guards haul Lina and her family from their home. Separated from her father and forced into a cattle car, Lina, her mother and her young brother begin a harrowing journey north, across the Arctic Circle, to a work camp in the frozen wastes of Siberia.
There they are forced, under Stalin's orders, to struggle for their lives under the cruellest of conditions. Lina's only solace is her art. At great risk, she draws, recording the beauty and the horror and even the ordinariness that she sees every day, hoping that one day her father, wherever he may be, might look upon her work.
Until that day Lina must wait, draw and try to survive...

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* Exactly a year before, the Soviets have begun moving troops over the borders into the country. Then, in August, Lithuania was officially annexed into the Soviet Union. When I complained at the dinner table, Papa yelled at me and told me to never, ever say anything derogatory about the Soviets. He sent me to my room. I didn’t say anything out loud after that. But I thought about it a lot. *



Given the reaction of most people I talked to about this book, I would like to clarify something before I start. This review is not going to be about an erotic novel. It is not going to be about Anastasia and Christian’s relationship. It is not going to be about El James’ Fifty shades of grey. No, Between shades of gray has got nothing to do with the fast-selling novel everybody seems to be talking about, it is a completely different book, although there are similarities in the titles.
The story is that of Lina, a young Lithuanian girl who is deported one night in 1941 with her mother and brother. Her father has been arrested as well, but she does not know where he is. A horrible journey starts for them and for many other Lithuanians, from cattle cars to labour camps. Lina must fight to survive every day in these harsh conditions, with no food and constant fear of the NKVD police. But she wants to see her home again, and her father. So despite the risk, she draws and writes, hoping her art will save them.
The theme chosen by Ruta Sepetys is grim: deportation. Too often, we forget that other countries than Western European ones have been affected by war in a dramatic way. It is the case of Lithuania, torn between Russia and Germany. The war was the opportunity for the secret police working under Stalin'orders to remove anybody considered as dangerous for their government. So in a few days only, thousands of people were deported and nobody reacted. The horror began for many Lithuanians, Estonians, Latvians and Finns, whose families were torn apart, who were sent to prison or to labour camps, killed…
In this historical background, we get to know Lina and her family. Lina is only fifteen and is like any girl of her age… until she is dragged by the secret police and sent to Siberia. What did she do to deserve such inhuman treatment? Like many others, nothing, but she is considered to be a threat for the government and so she need to disappear.
The scenes describing the behaviour of the secret police and the horrors lived by the prisoners are rather violent. Full of details, nothing is hidden or weakened. More than once, I could actually feel the characters’ fear in front of the guards. However, in my opinion, Between shades of gray is a message of hope and love and not only a dark novel about the horrors of deportation.
Lina is a moving character and I grew attached to her in the first few pages already. I liked the fact that she is an ordinary girl, apart from her gift for drawing. However, we will quickly understand that she is also extremely strong and that only by remaining herself she can hope to survive. The other characters are also well portrayed, particularly her brother and mother but also the people forced to share the cattle car with them and later on work on the labour camp.
Although it is fiction, we can see that Ruta Sepetys did a great job of research about Lithuania, Siberia, labour camps and deportation. The feelings described are extremely moving and seemed very realistic to me. How can we not be moved by such horrors? And how can we not admire the courage showed by these people? I tried to imagine how I would react if I were in their situation but try as I might, I couldn’t. What is amazing is the ways they find to survive, to keep a glimmer of hope and try and be happy. Of course, they cannot find happiness in this case, but their memories and the way they help each other is extraordinary.
Mixed with the main story, we have various flashbacks which I particularly enjoy for two reasons. First of all, they show a great contrast between how Lithuania was and the present of the story. We see Lina’s happy childhood, her teenager’s concerns and her dreams. And we understand how, in one night, everything can change. The second reason is connected to the point of view in which the story is told. Lina is giving an account of what happens and as she is a young girl, she does not understand everything about politics. Also, there are secrets kept from her in order to protect her. The flashbacks are useful because they enable us to discover the situation little by little, at the same time as Lina.
The writing style also matches the point of view: it is simple, without too many details, just like a teenager’s diary. Yet, it is extremely agreeable to read and you will not even notice as you go through the pages. Drawn by Lina’s desire to live and by her dreams, you will discover how the story unfolds for her and her family. But is there really an end to such horrors?
Between shades of gray is a novel full of emotion. Although it is fiction, it gives us a good insight into the situation of Lithuania during WWII and into deportation. The characters are full of personality and their kindness can only be admired. They dream, they fight, they hope for their life to become normal again. But is it possible after such horrors? And is it possible to survive in such hostile environment? This book made me realise more than ever before how lucky I was to be born in a safe country and era.


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