[FR] N'oublier jamais - Michel Bussi

2 commentaires:


Titre : N'oublier jamais
Auteur : Michel Bussi
Éditeur : Presses de la cité
Date de publication : 2014
Pages : 501
 

* La dernière chose qu'il vit fut l'écharpe de cachemire rouge flotter entre les doigts de la fille. L'instant d'après, elle bascula dans le vide. *
_________________________________ 


Il court vite, Jamal, très vite. À cause de sa prothèse à la jambe et autres coups du sort, il a un destin à rattraper.
À Yport, parti s'entraîner sur la plus haute falaise d'Europe, il a d'abord remarqué l'écharpe, rouge, accrochée à une clôture, puis la femme brune, incroyablement belle, la robe déchirée, le dos face au vide, les yeux rivés aux siens. Ils sont seuls au monde ; Jamal lui tend l'écharpe comme on tend une bouée.
Quelques secondes plus tard, sur les galets glacés de la plage déserte, gît sous les yeux effarés de Jamal le corps inerte de l'inconnue.
À son cou, l'écharpe rouge.
C'est la version de Jamal.
Le croyez-vous ?   

 _________________________________ 

* Mon seul témoignage contre celui de tous les autres.
Qui, désormais, pourrait me croire ?
Qui pourrait encore parier sur mon innocence ?
Personne...
Personne sauf vous ?
À ce point de non-retour dans les abysses de la folie, êtes-vous toujours disposé à croire tout ce que j'affirme depuis le début ?
Je n'invente rien.




Lorsque Jamal part en vacances à Yport, il est loin de se douter que sa vie va changer à jamais ; que, lors de son pas de course quotidien, il va rencontrer une fille magnifique sur la falaise ; que cette fille va se jeter dans le vide ; et qu’à partir de là tout va dégénérer.
Le ton de N’oublier jamais est très différent de celui des autres romans de Michel Bussi que j’ai pu lire. Le narrateur est Jamal, et il arrive quelquefois qu’il s’adresse directement au lecteur, comme pour le prendre à témoin. Son récit est sinon plutôt neutre et entrecoupé de rapports de police nous relatant des fait survenus une dizaine d’années auparavant.
Même si l’intrigue est bonne, qu’il y a du suspense et un de ces coups de théâtre dont l’auteur a le secret, N’oublier jamais ne m’a pas transportée aussi loin que je m’y attendais. J’avais envie de découvrir la suite, mais plus grâce aux quelques premières pages du roman que grâce au déroulement des évènements ; je dois même avouer que j’ai parfois été frustrée par la lenteur avec laquelle l’histoire se développe et l’accumulation d’indices qui mènent à penser que Jamal est fou, et qui en viennent à nous faire douter de lui.
Le personnage en lui-même est intéressant et un peu atypique : il est d’origine maghrébine et rêve de participer à l’ultra-trail du Mont-Blanc malgré sa prothèse. On ne sait pas ce qui lui est arrivé, et c’est un mystère que l’on aimerait bien éclaircir. Un détail qui pourrait d’ailleurs l’innocenter ou, au contraire, renforcer les soupçons qui pèsent sur lui. J’ai toutefois eu l’impression que l’enchaînement de situations fâcheuses dans lesquelles il semble constamment empêtré devient finalement un peu trop exagérée pour être crédible ou même réaliste. Qu’il s’agisse de ses rencontres, des options qui s’offrent à lui ou des documents qui lui parviennent, tout semble un peu trop bien orchestré… à tel point que le lecteur se fera sans aucun doute suspicieux.
J’ai bien aimé le principe d’avoir plusieurs points de vue, mais j’ai trouvé un peu artificiel que les rapports de police ne soient pas présentés comme tels. Ils sont en effet racontés et je pense qu’un ton et un style différents auraient donné de la profondeur au récit.
Le double coup de théâtre est très surprenant, mais j’ai trouvé que la résolution de l’affaire prenait trop peu de place par rapport au développement de l’intrigue et que ce déséquilibre desservait le suspense et l’attente qui avait été créée. Cela est peut-être dû à la personnalité un peu floue de certains personnages, qui m’a conduite à les confondre quelque peu.
Ne me comprenez pas mal, N’oublier jamais n’est pas un mauvais roman, mais je ne le trouve pas aussi bon que mes précédentes lectures de Michel Bussi. Il reste facile à lire et divertissant, mais peut-être avais-je des attentes trop élevées ?
______________________________



* En bref... * 

Un roman policier divertissant et sympathique à lire si vous aimez les gros coups de théâtre pas tout à fait réalistes !


   





Le livre sur les quais - 2016

3 commentaires:


Mieux vaut tard que jamais…

J’ai été très occupée ces derniers jours, si bien que je n’ai pas été très active sur mon blog… Et pourtant, entre les challenges dans lesquels je me suis  lancée, mes lectures et les évènements littéraires, j’ai des choses à vous raconter !

Week-end du 3-4 septembre à Morges (Suisse) : 
Le Livre sur les quais !
Mon évènement littéraire favori (et de loin)

J'ai eu la chance d'y aller plusieurs fois et d'être bénévole en 2014 et je peux vous assurer que cet évènement ne ressemble à aucun autre. L'ambiance est chaleureuse, le programme alléchant et le cadre magnifique !


Bon, commençons par le commencement…
Créé en 2010, Le Livre sur les quais est une sorte de salon du livre… Mais c’est en fait bien plus qu’un simple salon de dédicaces.

 


Pour commencer, intéressons-nous à son nom… Eh oui, Le Livre sur les quais a lieu… sur les quais. La petite ville de Morges est située au bord du lac Léman (*PAS le lac de Genève, merci !) et le cadre est magnifique. La grande tente où se déroulent les dédicaces et où se trouve la buvette est au bord de l’eau, mais ce n’est qu’une petite partie de l’évènement.

Des conférences, rencontres et autres activités variées sont organisées dans plusieurs lieux de la ville - de la bibliothèque au casino, en passant par des caves et même les bateaux de la CGN !

Même si une grande place est réservée à la littérature francophone, Le livre sur les quais est ouvert sur le monde et, chaque année, de nombreux auteurs (et traducteurs) d’horizons très différents participent à cet évènement.

Chaque année, Le Livre sur les quais a un hôte d’honneur ; en 2016, c’était la Scandinavie, avec une place importante accordée au roman policier. De quoi faire le bonheur de tous les amateurs du genre… La sélection d’auteurs était elle aussi impressionnante : Franck Thilliez, Viveca Sten, Johan Theorin, Michel Bussi, Bernard Minier, Marie Laberge, Yasmina Khadra… pour n’en citer que quelques-uns !

L’ÉDITION 2016

Cette année, j’avais la chance de ne pas travailler ce week-end-là et j’ai donc pu profiter de l’évèmement ! J’y suis allée le samedi avec Patricia et Sandra, tout aussi passionnées de lecture que moi.

Pour commencer, nous avons assisté à une entrevue très sympathique entre Jacques Côté, un auteur québécois que nous avions rencontré au Salon du livre de Genève il y a deux ans, et Jean-François Pré, que je ne connaissais pas, mais que j’ai envie de découvrir. Le cadre - le boudoir Moyard - était parfait ; nous étions entourés de meubles anciens et de livres volants !

Flying books in Moyard

Nous avons ensuite fait un tour dans la tente… un petit passage vers Marie Laberge, puis Jacques Côté, qui nous a reconnues. Nous connaissions la saga de l’inspecteur Daniel Duval, mais pas encore Les cahiers noirs de l’aliéniste, un roman policier historique que je me réjouis de commencer !



Nous avons ensuite rejoint nos petites familles pour faire une croisière littéraire de 90 (nonante) minutes sur le Lausanne intitulée “Des polars renversants” en compagnie de Bernard Minier, Michel Bussi (un de mes auteurs préférés) et Marc Voltenauer. Les discussions étaient très intéressantes et animées !


Après la croisière, nous avons encore assisté à une table ronde avec Franck Thilliez et Jacques Ravenne (qui écrit en duo avec Éric Giacometti). Je connais Franck Thilliez depuis peu (grâce à Sandra) et je n’ai pas encore lu de livre de Giacometti-Ravenne (même si j’en ai un qui attend dans ma bibliothèque)... mais je vous promets que j’aurais acheté tous leurs livres en sortant ! Le dialogue était dynamique et la complicité existant entre les deux auteurs très entraînante.

Nous avons ensuite fait un autre passage dans la tente de dédicaces, auprès notamment de Sandrine Collette (qui a entre autres écrit Un vent de Cendres et Des noeuds d’acier), de Michel Bussi (qui m’a dédicacé mon ancien exemplaire de Un avion sans elle puisque j’ai tous ses livres) et de Patrick Senécal (que je ne connais pas encore, mais qu’il me tarde de découvrir) !

C’était une journée extraordinaire (et j’ai été plutôt raisonnable) ! Vivement la prochaine édition !

Mes achats de la journée...


 


[FR] Sans rien ni personne - Marie Laberge

Aucun commentaire:


Titre : Sans rien ni personne
Auteur : Marie Laberge
Éditeur : Boréal
Date de publication : 2007
Pages : 434
 

* Les phares des voitures dessinent un long ruban sans hiatus. Chaque soir, c'est le même scénario. Chaque soir, Patrice repense à tous ces gens coincés derrière leur volant, à pester, à râler et à se mitonner une attaque à coup de stress. *
_________________________________ 



Montréal, le 1er juillet 1972, Isabelle Deschamps, française d’origine, est retrouvée morte dans son appartement, rue Marie-Anne. Elle a le ventre affreusement mutilé. À côté d’elle, le corps de son nouveau-né, mort également.
Paris, janvier 2007, Émilien Bonnefoi apprend qu’il va mourir dans les prochains six mois. Peu lui importe : depuis trente-cinq ans, sa vie n’a plus qu’un sens, celui de résoudre l’énigme de la mort de sa fille Isabelle. Il retourne exercer des pressions auprès de l’enquêteur chargé de ce cold case.
C’est ainsi que le commissaire Patrice Durand débarque à Montréal, déterminé à connaître le fin mot de l’affaire. Vicky Barbeau, chargée du cas au service des crimes non élucidés de la Sûreté du Québec, n’est pas follement enthousiaste à l’idée de reprendre une chasse aux témoins des plus improbables alors que plus de trois décennies séparent les faits de l’enquête. Pourtant, de Saint-Pierre et Miquelon aux Îles de la Madeleine, en passant par le Bas-du-Fleuve, l’affaire se révèle plus prometteuse – et plus compliquée – qu’il n’y paraissait.
C’est au genre du policier que Marie Laberge emprunte le cadre de son nouveau roman. Ses lecteurs seront emportés par un suspense irrésistible, tandis que le travail des policiers, ce tandem parfois grinçant formé d’un français et d’une québécoise, permet à la romancière de laisser libre cours à son sens de l’humour à travers des dialogues qui claquent. Mais nous retrouverons intact, dans Sans rien ni personne, l’extraordinaire pouvoir d’émotion qui caractérise toute son œuvre.


 _________________________________ 

* Les yeux sont si atterrés, si battus, Vicky s'élancerait pour la consoler, la protéger. [...] Parce que, malgré tout ce qu'elle a traversé, elle conserve une sorte de droiture, une attitude enfantine qui excite tout l'instinct du sauveteur qui sommeille au cœur d'un être humain.




Départ pour le Canada aux côtés de Patrice, policier français bien décidé à résoudre une affaire vieille de plusieurs dizaines d’années.Vicky, l’enquêtrice québécoise chargée de le recevoir ne se montre pas très disposée à rouvrir un « cold case » pour lequel aucun nouvel indice n’a été découvert. Elle va pourtant très rapidement se retrouver entraînée sur la piste du tueur d’Isabelle Deschamps, une jeune française qui avait été retrouvée morte dans son appartement, le ventre mutilé… et l’affaire se révèle bien plus compliquée que prévu.
Ayant déjà lu Mauvaise foi, j’avais déjà eu le plaisir de rencontrer les enquêteurs de Marie Laberge, que j’avais beaucoup appréciés. Vicky semble bourrue et râleuse au premier abord, mais, si on est attentif, on remarque vite qu’il y a d’autres aspects importants derrière la surface de sa personnalité. Patrice est sous bien des aspects le policier français typique (enfin, j’imagine, n’étant ni policière, ni française), mais sa ténacité et sa motivation le rendent plutôt séduisant. Même s’il semble que la collaboration entre ces deux personnages va être difficile et peu agréable, elle confère un certain dynamisme et un humour subtil au roman.
Le sujet des relations entre la France et le Québec apparaît sous plusieurs formes. Étant personnellement passionnée par la question de l’identité linguistique et de la communication interculturelle, c’est un aspect qui m’a beaucoup plu et qui apporte une grande richesse à l’histoire. Il y a bien quelques stéréotypes mais, loin de les trouver lourds, j’ai plutôt trouvé qu’ils donnaient une certaine légèreté aux passages d’enquête intense.
Il faut dire que les lecteurs qui s’attendent à un roman policier classique risquent d’être un peu déçus, ou au moins surpris ; car Sans rien ni personne est un mélange de plusieurs genres, même si la composante policière occupe une place prépondérante. J’aime le temps que l’auteur prend pour décrire les personnages et le fait qu’elle nous dévoile tout naturellement des pans de leur histoire personnelle qui nous aident à construire leur personnalité petit à petit. Les descriptions sont réalistes et très bien dosées, et nous transportent tout droit au Canada.
S’agissant d’un dossier non résolu datant de plusieurs décennies, il est clair qu’il ne s’agit pas d’une enquête ordinaire. La pression du temps n’existe pas, d’importants témoins sont sans doute morts ou ont oublié des détails qui auraient pu être décisifs pour l’affaire. Et pourtant, en reprenant chaque élément du dossier, les enquêteurs progressent peu à peu. Il n’y a donc pas vraiment de suspense, mais une certaine attente est créée chez le lecteur… et bien malin est celui qui arrivera à deviner la fin !
Peut-être objecterez-vous que l’intrigue n’est pas tout à fait réaliste. Soit, mais c’est après-tout un œuvre de fiction, n’est-ce pas ?
______________________________



* En bref... * 

Un cold case résolu d’une main de maître par un policier français et une enquêtrice québécoise peu disposés à collaborer et tous deux dotés d’un fort caractère. Sans rien ni personne est un roman entraînant, écrit d’une plume fluide, et plein de petites touches d’humour qui donnent de la profondeur à l’intrigue.


  




[EN] The Tales of Beedle the Bard - J.K. Rowling

Aucun commentaire:
Title: The Tales of Beedle the Bard
Author: J.K. Rowling
Publisher: Bloomsbury
Release date: 2008
Pages: 109

 

*'In the fond hope, my son, that you will never need it.'*
_________________________________ 

The Tales of Beedle the Bard contains five richly diverse fairy tales, each with its own magical character, that will variously bring delight, laughter and the thrill of mortal peril.
Additional notes for each story penned by Professor Albus Dumbledore will be enjoyed by Muggles and wizerds alike as the Professor nurses on the morals illuminated by the tales, and reveals snippets of information about life at Hogwarts.
A uniquely magical volume, with illustrations by the author, J.K. Rowling, that will be treasured for years to come.
_________________________________

 *But which f us would have shown the wisdom of the third brother, if offered to pick of Death's gifts? Wizards and muggles alike are imbued with a lust for power; how many would resist 'the Wand of Destiny'? Which human being, having lost someone they loved, could withstand the temptation of the Resurrection Stone?*

 


I received The Tales of Beedle the Bard for my birthday last year, but I wanted to make it last as long as I could so I had only read the first two tales. The Challenge des 4 maisons, hosted by Bulle de mots, seemed to be the perfect opportunity to read it and I was not able to put it down before I had finished it.
There are two levels on which the book can be read: the tales themselves, of course, but the context is maybe even more interesting. J.K. Rowling introduces us to a piece of wizarding culture and manages to make the Harry Potter universe even more real. It is a book that Ron might have read when he was a boy, that most wizards know, and that Dumbledore himself researched, as shown by the “historical” notes.
Harry Potter fans are of course familiar with the Tale of the Three Brothers, featured in Harry Potter and the Deathly Hallows, but reading the whole story without the context of the war makes one pay attention to details that would not have been noticed otherwise. The explanatory notes also give it another dimension which might interest older readers, while the younger will focus on the story.
Five different tales are gathered in the book: “The Wizard and the Hopping Pot”, “The Fountain of Fair Fortune”, “The Warlock’s Hairy Heart”, “Babbitty Rabbitty and her Cackling Stump” and “The Tales of the Three brothers”. All of them have a moral which can be compared to that of muggle traditional fairy tales… with a few differences regarding the use of magic. One of the recurring themes is the relationship between muggles and wizards, which I can imagine would be important in some families.
Tales are important in a child’s life and culture and this is true in the muggle world as well as in the wizarding world. Good will usually prevail against evil, but it is not a general rule, as we can see in “The Warlock’s Hairy Heart”. If you think about the brothers Grimm, Andersen or Perrault’s tales however, you will soon notice that they can be rather violent too (their original version at least, before they were adapted to be suitable for children at least).
In this short book, J.K. Rowling gathers all the main ingredients for a successful collection of tales: magic and unusual characters or occurrences, moral elements, symbolic aspects… and the fact that each story can be read on several levels, by children or by adults.
_________________________________



* In short *

A nice collection of tales which will no doubt delight children and adults alike. A must read for all the wizarding fans.





[FR] Nébulosité croissante en fin de journée - Jacques Côté

2 commentaires:


Titre : Nébulosité croissante en fin de journée
Auteur : Jacques Côté
Éditeur : Alire
Date de publication : 2000
Pages : 365
 

* Duval tiqua en voyant la carcasse de ce qui avait été un bolide sur lequel des yeux admiratifs s'étaient posés. La fibre de verre avait fondu. On aurait dit une sculpture moderne, informe, toute roussie. De la guimauve caramélisée. *
_________________________________ 

Juin 1976...
Alors qu'une terrible canicule s'abat sur tout le Québec, les jeux Olympiques de Montréal se profilent à l'horizon. Mais à Sainte-Foy, en banlieue de la Vieille Capitale, H se soucie peu de la chaleur et des jeux. À peine sorti de prison, il perd le nouvel emploi qui était censé consacrer sa réinsertion sociale. Des gens devront payer pour ce nouvel échec.
Daniel Duval, lui, est enquêteur à la Sûreté du Québec. À son retour d'un marathon, il fait face à un cas difficile : un psychopathe s'amuse à canarder des automobilistes sur le boulevard Duplessis. En compagnie de son coéquipier Louis Harel, il tente désespérément de mettre la main au collet du tireur fou afin d'éviter d'autres meurtres gratuits.
Or, les deux policiers ne connaissent pas la passion morbide de H pour la démolition automobile... ni sa ferme intention de se payer la peau d'un flic !
_________________________________ 

* Sur le viaduc, des badauds à la curiosité morbide admiraient le spectacle. C'était le viaduc depuis lequel on avait tiré le conducteur de la Corvette. En agent d'expérience qu'il était, Duval observa les gens agglutinés. L'homme qu'il cherchait êtait jeune, vingt ou vingt-deux ans, peu instruit, jamais rassasié de violence, et il circulait à pied. Il entretenait un rapport ambivalent avec les automobiles. Une sorte de pyromane des routes à la recherche d'une minute de gloire.


Et c’est parti pour LA saga policière québécoise à ne pas manquer ! Daniel Duval, enquêteur à la Sûreté du Québec et coureur marathonien chevronné se lance sur la piste d’un jeune fou qui a une véritable passion pour les accidents de voiture ; H est tout juste sorti de prison, mais tout va mal pour lui. Heureusement, il est intelligent, et a tout prévu pour se venger.
La grande force du roman, c’est ses personnages, auxquels il est impossible de ne pas s’attacher. Les scènes tournant autour de l’enquête dominent, mais les petits aperçus que Jacques Côté nous donne de la vie privée des personnages les rendent plus humains. La passion de Daniel pour la course à pied renforce aussi sans doute cette idée. Il ne vit pas que pour son travail. Les personnages ne sont pas des super héros à qui rien ne résiste ; ils font aussi des erreurs et des mauvais choix, et il n’en paraissent que plus réalistes. On s’attendrait presque à les croiser dans la rue !
Le récit retrace principalement l’enquête menée par Daniel et son coéquipier, Louis Harel, mais certains chapitres sont racontés du point de vue de H, le criminel qu’ils poursuivent. Vous vous demandez sans doute si je ne suis pas en train de gâcher le suspense. Je vous rassure tout de suite, ce n’est pas le cas. C’est quelque chose que les lecteurs découvrent très rapidement, et ce n’est pas l’identité du criminel qui crée le suspense.
Je pense en réalité que le fait de savoir qui est responsable dès le début est un très bon moyen de créer une attente chez le lecteur ; je m’explique. De courts chapitres nous plongent dans la tête de H. Il apparaît clairement qu’il est dérangé, mais il a tout de même un côté humain auquel il est difficile de rester indifférent. Il est certes violent et dangereux, mais la chance n’a jamais été de son côté et il presque impossible de le détester tout à fait. Tout en espérant qu’il soit arrêté, je me suis prise à éprouver une sorte de compassion pour lui, à certains moments… jusqu’à ce que l’enchaînement de décisions qu’il prend me fasse changer d’avis. Quoi qu’il en soit, on se demande à chaque page comment toute cette histoire va se terminer.
L’intrigue en elle-même m’a beaucoup plu. Il y a un côté « vintage » à lire une histoire qui se passe en 1976, sans que les nouvelles technologies ne soient omniprésentes. On se concentre sur le facteur humain plus que sur les machines, et j’ai trouvé qu’il était très agréable de suivre une vraie enquête de terrain, où on a l’impression que le policier a réellement une influence sur l’issue de l’enquête.
Le milieu dans lequel évoluent les personnages est intéressant, et la manière de commettre les crimes plutôt originale. On se retrouve plongé dans le monde des voitures et des courses automobiles un peu particulières et, même si ce n’est pas un sujet que vous trouvez particulièrement intéressant, vous ne pourrez pas vous empêcher de trouver cet univers fascinant.
À bientôt pour la suite de la saga !
______________________________



* En bref... * 

Un roman policier québécois un peu « vintage » à ne pas manquer, que ce soit pour son intrigue originale, pour ses personnages attachants, pour son suspense particulier, pour son univers particulier ou pour la beauté de la plume de l’auteur.






Adrian McKinty (1) Alexander Key (1) Alexander Maksik (1) Alexis Hayden (1) Amanda Kyle Williams (1) Ambre Dubois (2) Amélie Nothomb (1) Ange Godart (1) Angélique Ferreira (1) Anita Shreve (1) Ann Patchett (1) Annabelle Valenzuela-Alarcon (1) Arnaldur Indridason (1) Aurélien Molas (1) Bernard Lenteric (1) Carol Higgins Clark (1) Chloé Bourdon (1) Christian Bindner (1) Céline Gierts (1) Dan Brown (1) Dan Millman (1) Danielle Steel (1) Delphine de Vigan (1) Domnica Radulescu (1) Donna Leon (1) Emily Brontë (1) Emylia Hall (1) Erik Larson (1) Franck Thilliez (1) Fred Vargas (2) Gerbrand Bakker (1) Hallgrímur Helgason (1) Henning Mankell (2) Henri Beaudout (1) Henri Lœvenbruck (1) Ian McEwan (1) Inti Salas Rossenbach (1) J.K. Rowling (2) Jack Thorne (1) Jacques Côté (1) Jean-Charles Hue (2) Jenny Sigot Müller (1) Jo Nesbø (1) Jodi Picoult (1) John Brandon (1) John Tiffany (1) John Wyndham (1) José-René Mora (1) Joël Vernet (1) Julia Bell (1) Julien Blanc-Gras (1) Jussi Adler-Olsen (1) Kari Kinard Pratt (1) Kate Atkinson (1) Kent Johnson Olsen (1) L.F. Falconer (1) Laura Gardner (1) Laura Kasischke (1) Lawrence W. Gold (1) Lewis Carroll (2) Lionel Camy (1) M.L. Stedman (1) Malcolm MacKay (1) Marian Izaguirre (1) Marie Laberge (1) Marina Lewycka (1) Markus Zusak (1) Mary Higgins Clark (1) Mary Hoffman (6) Mathieu Dombre (1) Matthias Rouage (1) Michael Morpurgo (3) Michel Bussi (2) Mikkel Birkegaard (1) Misha Defonseca (1) Monica Kristensen (1) Natacha Catel (1) Pablo Mehler (1) Penny Hancock (1) Peter May (1) Philippe H. Besancenet (1) Pierre Thiry (1) Rachid Santaki (1) Rawia Arroum (1) Raymonde Malengreau (1) Rhonda Byrne (1) Riikka Pulkkinen (1) Robert Galbraith (J.K. Rowling) (3) Rodrigo Rey Rosa (1) Rosamund Lupton (1) Ruta Sepetys (1) Ruth Rendell (1) Sandrine Collette (2) Sarah Latham (illustrator) (1) Sarah Singleton (2) Sheri Speede (1) Sofi Oksanen (1) Stef Penney (1) Susanne Mischke (1) Tatiana de Rosnay (5) Victoria Hislop (1) Viveca Sten (1) William Morris (1) Yasmina Khadra (1) Éric-Emmanuel Schmitt (1)

 
Design by Laraemilie