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[FR] Le cabanon jaune - Christelle Angano

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Titre : Le cabanon jaune
Auteur : Christelle Angano
Éditeur : Rémanence
Date de publication : 2016 (octobre 2015 pour la traduction française)
Pages : 201
 

* Accoudée au bastingage, elle suivait du regard un groupe de dauphins qui les accompagnait, et se surprit à les envier. Ils étaient si libres ! Un instant, elle eut le sentiment d'être piégée dans un filet, une nasse. *
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Après la disparition de son père, marin pêcheur confirmé, au large des côtes normandes, Cloé Lebon a besoin de comprendre. Qu'a-t-il bien pu se passer cette nuit-là, alors qu'il faisait si beau ? Petit à petit le doute s'installe avec ce sentiment confus mais obsédant qu'on lui cache quelque chose.
D'Honfleur aux îles Marquises, en passant par l'Irlande, voyage initiatique, la jeune fille est en quête d'une réponse.

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* "C'est la montre de ton père, il n'en a plus besoin, et moi non plus. La seule chose dont je suis sûre, c'est que mon heure approche." *




Cloé a toujours vécu en Normandie, entourée de ses parents, de son parrain et des habitants d’Honfleur. Pour elle, le monde des pêcheurs n’a aucun secret... et pourtant. Lorsque son père disparaît en mer, elle ne peut s’empêcher de penser qu’il y a quelque chose qu’elle ignore, mais qui pourrait expliquer ce qui s’est passé. Elle décide de découvrir ce qu’on lui cache, mais elle est loin de se douter à quel point sa vie va changer.
Dès les premières pages, le lecteur est entraîné au grand air, chez les habitants d’Honfleur. La communauté est soudée face à l’immensité de la mer, et aux drames qui peuvent s’y produire. Tout semble atemporel, comme si on était dans une sorte de monde parallèle où les gens vivent simplement et où rien ne change jamais. L’arrivée d’un Irlandais dans le bassin d’Honfleur va pourtant très vite bousculer les habitudes et les rêves de Cloé.
À presque trente ans, la jeune héroïne n’a jamais quitté sa région natale et son attachement devient plus fort encore durant son deuil. Pourtant, en quelques mois, elle change à tel point qu’on la reconnaîtrait à peine si on ne s’était pas autant attaché à elle. Comme elle, on craint le changement, mais on ne peut s’empêcher de penser que c’est pour le meilleur, si elle parvient toutefois à chasser les esprits qui la hantent. C’est le moment pour elle de prendre son envol ; de Tahiti à l’Irlande, en passant par les îles Marquises, elle découvrira que le vaste monde s’étend bien au-delà de sa chère Normandie et qu’elle peut en profiter si elle apprend à accepter les secrets qu’elle a découverts.
À travers le voyage de Cloé, tant au sens propre que figuré, Christelle Angano aborde des questions existentielles telles que l’attachement, la mort, la famille, l’amour, la confiance et le secret, qui confèrent une certaine profondeur à l’histoire, sans pour autant qu’elles pèsent sur le lecteur. La plume est légère et fluide, ajoutant un peu de poésie à un monde plutôt rude. La culture locale, notamment les chansons, ajoute une touche de couleur et d’exotisme à l’intrigue. Tout est contrastes et perceptions, avec un véritable effet dépaysant.
Le cabanon jaune est une lecture rafraîchissante qui m’a beaucoup touchée. Je recommande ce livre à tous ceux qui ont envie de voyager et qui comprennent que la vie n’est jamais aussi simple qu’il y paraît. Je remercie les éditions de la Rémanence et Babelio pour cette belle découverte !
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* En bref... * 

Pour un voyage rafraîchissant au gré de la mer, qui entraînera le lecteur de la Normandie à l’Irlande, en passant par la Polynésie française, dans les profondeurs des secrets bien gardés d’une petite communauté sans histoires... ou presque.


   


 
Livre reçu dans le cadre des Masse critiques de Babelio




[FR] Les Hirondelles de Kaboul - Yasmina Khadra

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Titre : Les hirondelles de Kaboul
Auteur : Yasmina Khadra
Éditeur : Pocket
Date de publication : 2010 (2002)
Pages : 148
 

* Les terres afghanes ne sont que champs de bataille, arènes et cimetières. Les prières s'émiettent dans la furie des mitrailles, les loups hurlent chaque soir à la mort, et le vent, lorsqu'il se lève, livre la complainte des mendiants au croassement des corbaux. *
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  Dans les ruines brûlantes de la cité millénaire de Kaboul, la mort rôde, un turban noir autour du crâne. Ici, une lapidation de femme, là un stade rempli pour des exécutions publiques. Les Taliban veillent. La joie et le rire sont devenus suspects. Atiq, le courageux moudjahid reconverti en geôlier, traîne sa peine. Le goût de vivre a également abandonné Mohsen, qui rêvait de modernité. Son épouse Zunaira, avocate, plus belle que le ciel, est désormais condamnée à l'obscurité grillagée du tchadri. Alors Kaboul, que la folie guette, n'a plus d'autres histoires à offrir que des tragédies. Quel espoir est-il permis ? Le printemps des hirondelles semble bien loin encore...
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* Ne me demande pas de renoncer à mon prénom, à mes traits, à la couleur de mes yeux et à la forme de mes lèvres pour une promenade à travers la misère et la désolation ; ne me demande pas d'être moins qu'un ombre, un froufrou anonyme lâché dans une galerie hostile. *
 

Avec Les hirondelles de Kaboul, Yasmina nous projette dans une Kaboul mourante, ravagée par la guerre. Le réveil est brutal pour le lecteur occidental, parfois même incapable de situer le pays sur la carte. Il se retrouve confronté à un univers on ne peut plus éloigné du sien : dans les rues de la capitale afghane, les rires et la joie de vivre ont laissé place aux exécutions, aux lapidations, aux sermons haineux et mollahs et à la violence systématique.
Sous le régime extrémiste, tout change. La vie de deux couples bascule ; ils sont perdus et ne se retrouvent plus dans la société. Avant, ils étaient heureux, mais les mentalités ont changé et ils assistent à l’effondrement de leur pays. Désormais, le climat est à l’oppression ; la déshumanisation règne, les femmes deviennent anonymes, cachées derrière leur tchadri et leur époux.
Le dépaysement est total : comment imaginer la triste réalité du peuple afghan ? Sans dramatiser, Yasmina Khadra nous plonge dans le sombre quotidien de Mohsen, ruiné et détruit par la guerre ; de Zunaira, autrefois avocate mais désormais forcée à rester chez elle ; d’Atiq, gardien de prison qui commence à douter de sa foi à force d’être témoin de tant d’injustices ; et de Mussarat, sa femme malade, guettée par la mort ou la répudiation.
Aux côtés des personnages, on ressent peur, désespoir, amour et colère. Comme eux, on espère jusqu’à la fin, même s’il n’y a plus d’espoir. Car si ce n’est pas la mort qui les attend au prochain tournant, la folie les menace.
Les femmes, bien qu’opprimées par le régime, sont l’étincelle d’espoir des hommes. Elles sont enfermées, mais cela ne les empêche pas d’être fortes et résolues, prêtes à tout pour conserver le peu de dignité qui leur reste.
Le style sobre de l’auteur nous fait voyager sur un autre continent, profond et plein de métaphores. Sa plume vibrante et évocatrice donne vie à ses personnages : on les aime, on les déteste, mais on n’y est pas indifférent. On ne peut s’empêcher de se demander ce que l’on ferait à leur place et, mêlé à l’impuissance apparaît rapidement un sentiment d’admiration. Les comportements que nous tendions à condamner au premier abord nous semblent soudain plus compréhensibles et nous amènent à apprécier les libertés que nous considérons parfois trop rapidement comme acquises.
Les hirondelles de Kaboul est un roman bouleversant, poignant et déchirant. C’est un cri de protestation face à l’extrémisme et un hommage aux femmes et aux hommes qui se battent jour après jour pour survivre dans une ville enchaînée par des principes religieux déformés par le régime de la peur.
À lire absolument !
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* En bref... * 
Au cœur de l’Afghanistan

Plongée dans la triste réalité de Kaboul où les lapidations, les exécutions et la violence sont devenues monnaie courante. Face à l’extrémisme, deux couples tentent de survivre, même s’ils ont presque tout perdu. Roman intense et déchirant, ode à l’amour et au courage des femmes, Les hirondelles de Kaboul est un roman incontournable !





[FR] La mesure de la dérive - Alexander Maksik

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Titre : La mesure de la dérive
Titre original : A marker to measure drift
Auteur : Alexander Maksik
Traducteur : Sarah Tardy
Éditeur : Belfond
Date de publication : 2013 (2014 pour la traduction française)
Pages : 279
 

* Elle était seule. Il ne restait rien d'eux. Rien que des souvenirs, une foule de souvenirs provoqués sans doute par la folie. Et tandis que le sentier l'emmenait plus bas, tandis qu'elle écoutait son esprit, le vent et le bruit de ses pas, elle peinait à faire la différence entre ses souvenirs et les fruits de sa folie. *
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Salué comme un chef-d'œuvre "d'une beauté à couper le souffle", stupéfiant de finesse et d'humanité, un roman hypnotique sur l'exil, le poids du passé et l'importance vitale de notre relation aux autres. Des ténèbres du Liberia en guerre au soleil écrasant des Cyclades, l'odyssée d'une jeune femme accrochée coûte que coûte à la vie, et à sa dignité
Jeune Libérienne, Jaqueline installe son grabat de fortune dans une grotte, sur une plage de Santorin. Chaque jour, elle lutte pour trouver un peu de nourriture et d'eau, éviter les rondes de police, passer inaperçue au milieu des touristes. Chaque jour, la faim et la solitude l'affaiblissent un peu plus. Chaque jour, la voix de sa mère la hante davantage, évoquant les images profondément enfouies d'une autre vie, mesures de sa dérive
Mais pourquoi Jaqueline est-elle si seule ? Quelles terribles circonstances l'ont-elles amenée là ? Comment affronter l'insoutenable ?
Face à la folie qui la guette, c'est en elle-même qu'elle devra trouver la force, malgré tout, de continuer à vivre.

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* Ils avaient été nombreux, au cours de ces dernières années, à vouloir des choses pour elle, et la somme de tous ces désirs n'avait fait que précipiter le déclin de son existence.
L'évolution, lui dit sa mère. L'évolution de ton existence, pas de déclin. Il n'y a pas de hauts ni de bas, mais simplement ce qu'Il veut de toi. * 


Contrairement à ce que l’on pourrait imaginer en lisant le résumé de la quatrième de couverture, La mesure de la dérive ne se déroule pas au Libéria, mais sur l’île grecque de Santorin, où nous découvrons le quotidien de la jeune Jaqueline… Murée dans la solitude, elle vit – ou plutôt survit – avec les souvenirs de son passé, qui ont marqué à jamais son existence, essayant à tout prix de garder fierté et décence.
Au fil des pages, nous sommes entraînés dans les pensées de Jaqueline, qui tente de survivre comme elle le peut, sans aide, seule. Peu à peu, ses souvenirs se mêlent à la réalité, les réflexions terre-à-terre de sa vie de réfugiée laissent de la place à des scènes touchantes, qui susciteront forcément de la nostalgie, tant pour l’héroïne que pour le lecteur. Et les images reviennent, toujours les mêmes ; des voix surgissent, accompagnant la jeune fille dans ses combats quotidiens… à tel point que l’on se demande si c’est la réalité ou le fruit de son imagination.
Le récit est organisé comme un flot de pensées qu’il est impossible d’arrêter, véritable stream of consciousness qui nous fait découvrir peu à peu l’existence de Jaqueline. Nous découvrons des scènes « d’avant », et des scènes de « maintenant », mais que s’est-il passé entre temps ? Qu’est ce qui a transformé cette jeune fille appartenant à un milieu privilégié en une réfugiée obligée de se cacher des autorités et de dormir en pleine nature, avec à peine de quoi se nourrir ?
Ce roman a été pour moi très dépaysant, non seulement parce qu’il fait allusion à des lieux qui me sont inconnus, mais aussi parce que c’est un genre que je n’ai pas l’habitude de lire. Pour cette raison, je ne savais pas à quoi m’attendre. J’avais peur de trouver un roman aux scènes violentes et sanglantes, assorties de trop nombreux détails historiques, mais Alexander Maksik nous offre quelque chose de tout à fait différent : l’histoire d’une seule personne – pas forcément toujours du côté des « bons » – et de ses efforts pour continuer à vivre dans le présent malgré le passé. C’est un livre extrêmement profond qui, même s’il ne contient que peu de passages explicitement violents, nous touchera au plus profond de nous.
Malgré certaines longueurs au début, j’ai passé un très bon moment. Après coup, les quelques passages qui m’ont paru un peu répétitifs dans la première partie prennent leur sens et la structure quelque peu désordonnée illustre parfaitement le flot de pensées qui habitent l’esprit de l’héroïne. Les amateurs d’action et de détails historiques à n’en plus finir s’ennuieront sans doute un peu, mais les autres se laisseront sans aucun doute séduire par cette histoire triste et touchante, qui nous laisse avec une lueur d’espoir.
Je remercie Babelio pour l’organisation des Masses critiques, car je n’aurais sinon probablement pas découvert ce roman, et les éditions Belfond pour leur confiance.
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Livre reçu dans le cadre des Masse critiques de Babelio




[FR] 24 Heures pour la fin d'un monde - Emilie Decamp

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Titre : 24 heures pour la fin d'un monde
Auteur : Emilie Decamp
Éditeur : Chloé des Lys
Date de publication : 2011)
Pages : 107
 

* Elle écrivait des mots forts, des mots tendres, des mots violents. Envers et contre tout. En vers et contre tous. C'était sa liberté et rien ne pourrait l'empêcher de s'évader de cette manière. Son père, évidemment, n'était pas au courant. Personne ne l'était, à part sa grand-mère. Et c'était mieux comme cela. *
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Malgré une enfance par toujours rose, elle semblait être une fille correcte. Mais à 20 ans seulement, sa vie semble compromise.
Voici les dernières heures d'une vie, d'un monde, d'un "elle". L'histoire d'un combat entre mots et stupéfiants.



24 heures pour la fin d’un monde, un titre mystérieux, qui est ouvert à l’interprétation. Vingt-quatre heures, c’est court pour la fin d’un monde, et pourtant, il suffit bien souvent de quelques secondes pour qu’une vie bascule. Dans ce petit roman, Elle nous raconte, en vingt-quatre heures, les événements qui ont façonné sa vie et qui l’ont emmenée là où elle se trouve actuellement, perdue entre les mots et la drogue, délaissée de tous. Le titre laisse présager une fin sombre, pourtant, rien n’est prévisible, et les scénarios qui se proposent avant la lecture sont multiples.
C’est à ce petit jeu d’imagination que je me suis essayée en recevant le livre et ce, pour plusieurs raisons. Tout d’abord, je dois admettre que j’ai été déçue par l’apparence de l’ouvrage. En effet, si l'image me plaît et paraît bien à propos, je n’ai pas été impressionnée par la qualité de la première et de la quatrième de couverture, et encore moins par celle de la tranche. En effet, le logo de la maison d’édition est très pixellisé, tout comme le résumé, le prix, la photographie et la biographie de l’auteur, qui est d’ailleurs écrite d’une police différente que je trouve mal assortie au reste. Ce qui m’a le plus gênée, toutefois, c’est que le nom d’Emilie Decamp soit à peine visible, écrit en noir sur fond gris foncé.
L’intérieur du roman m’a lui aussi laissée sur ma faim car je n’avais pas l’impression d’une œuvre réellement finie du point de vue de la mise en page. Les variations de police sont intéressantes car elles font écho aux différents styles avec lesquels l’auteur s’amuse, mais elles ne vont pas très bien ensemble. De plus, les interlignes sont très aléatoires, ce qui m’a quelque peu perturbée. Je cherchais une logique, pensant que cela donnait des informations supplémentaires sur l’organisation du récit, mais je n’en ai trouvé aucune. Heureusement, je ne m’arrête pas à l’apparence d’un livre…
En voyant le nombre très réduit de pages et les paragraphes espacés, écrits en gros caractères, j’ai décidé de retarder un moment cette lecture qui se révèlerait sans aucun doute rapide en faisant des hypothèses sur son contenu. Autant vous dire que je ne m’étais pas du tout préparée au délice qui allait suivre, un vrai coup de cœur qui porte à réfléchir. Emilie Decamp a une plume magnifique et tout au long du récit, elle s’essaie à différents styles, mêlant à son récit entre autres lettres et poésie. C’est dans ce dernier genre qu’elle excelle, et c’est sans aucune surprise que j’ai appris qu’elle avait déjà publié plusieurs recueils de poèmes. J’avoue que la poésie ne m’attire en général pas réellement, mais ce qu’elle a écrit là m’a particulièrement touchée. En rimes, et particulièrement sombres, ces petits textes témoignent parfaitement de l’état profond de désespoir dans lequel l’héroïne se trouve.
Pour parler d’Elle, justement, l’auteur a su trouver les mots justes pour la rendre sensible et attachante, sans toutefois nous dégoûter complètement de la vie, comme c’aurait pu être le cas. Sans jamais apprendre son prénom, et à travers de courts chapitres représentant chacun une heure, s’approchant irrémédiablement de l’instant fatidique, on en vient à la connaître, à comprendre sa vie, son existence et les étapes qui ont causé cette descente aux enfers. Et alors, des questions apparaissent : que faire quand on n’a plus personne pour nous aider ? A quel point le milieu dans lequel nous grandissons influence notre avenir ? Et, plus ouvertement, pourquoi vivre ? C’est une interrogation qui a probablement traversé l’esprit de la plupart d’entre nous, alors que nous ne nous trouvions pas nécessairement dans une situation aussi désespérée que celle de notre héroïne. Il y a des milliers de réponses, allant du simple plaisir physique de la vie et du fait d’exister à l’amour et aux petits plaisir que les autres nous procurent. Mais quand il n’y a plus rien à quoi s’accrocher, qu’on est seul au monde, que se passe-t-il ?
C’est cette sombre perspective que nous dresse Emilie Decamp dans ce roman. Les petits chapitres font penser à une sorte de retour sur soi-même, écrits un peu comme un « stream of consciousness », dans un ordre personnel à la narratrice, selon le fil de ses pensées. Des petits bouts de sa vie. Des souvenirs. Elle sait qu’elle va mourir, et c’est le moment de faire le bilan de son existence et, pourquoi pas, de comprendre comment elle en est arrivé là. Il y aurait eu d’autres développements possibles, des fins heureuses, où l'écriture l'aurait emporté sur la drogue, ou plus sombres encore. L’auteur a choisi celle-ci, et à juste titre me semble-t-il. Certains pourraient lui reprocher de tomber quelque peu dans les stéréotypes, mais loin d’être dans l’excès, cela donne justement plus de force au récit. Ainsi, un univers sombre est décrit, sorti de son imaginaire… mais qui, en fait, est bien réel pour certains d’entre nous.
24 heures pour la fin d’un monde est un petit roman qui se lit extrêmement vite, mais qui n’en est pas moins poignant. Alors que les larmes coulaient toutes seules, j’ai eu envie de faire durer le plaisir le plus longtemps possible, et j’ai été bien déçue de tourner la dernière page. Comprenez-moi bien, cette déception n’a rien à voir avec la fin ou l’histoire en elle-même. C’est seulement le regret d’avoir passé un si bon, mais si bref moment aux côtés de cette héroïne torturée qui n’a pas eu de chance dans sa vie. Je ne vous le cache pas, ce n’est pas un récit gai, mais je le recommande néanmoins à tous. Extrêmement touchant, je pense toutefois qu’il est préférable d’avoir déjà une certaine maturité pour l’apprécier à sa juste valeur, d’une part en raison du sérieux des thèmes abordés – la drogue, la mort et un univers très noir – mais aussi et surtout pour en saisir la profondeur et les subtilités qui échapperaient sans doute aux plus jeunes lecteurs.
Je termine donc en remerciant le forum A&M pour l’organisation de ce partenariat, et les Editions Chloé des Lys pour leur confiance. Un grand bravo à l’auteur, Emilie Decamp, qui nous offre une histoire magnifique, écrite d’une plume belle et sensible, malgré l’apparence quelque peu décevante du livre. Un coup de cœur !

 
Partenariat avec les Éditions Chloé des Lys
Un grand merci à la maison d'édition pour sa confiance.



[FR] No et moi - Delphine de Vigan

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Titre : No et moi
Auteur : Delphine de Vigan
Éditeur : Le livre de poche
Date de publication : 2009
Pages : 256
 

* Je me suis retournée pour lui faire un petit signe de la main, elle est restée là, à me regarder partir, ça m’a fait de la peine parce qu’il suffisait de voir son regard, comme il était vide, pour savoir qu’elle n’avait personne pour l’attendre, pas de maison, pas d’ordinateur, et peut-être nulle part où aller.*
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Adolescente surdouée, Lou Bertignac rêve d’amour, observe les gens, collectionne les mots, multiplie les expériences domestiques et les théories fantaisistes. Jusqu’au jour où elle rencontre No, une jeune fille à peine plus âgée qu’elle. No, ses vêtements sales, son visage fatigué, No dont la solitude et l’errance questionnent le monde. Pour la sauver, Lou se lance alors dans une expérience de grande envergure menée contre le destin.
Mais nul n’est à l’abri...

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*Elle avait l’air si jeune. En même temps il m’avait semblé qu’elle connaissait vraiment la vie, ou plutôt qu’elle connaissait de la vie quelque chose qui faisait peur.*


No et moi plonge le lecteur dans le monde de Lou Bertignac, une adolescente surdouée qui nous fait découvrir son monde: sa vie de famille - compliquée depuis un drame survenu plusieurs années auparavant - ses expériences et observations sur la vie, Lucas, l'école... Un jour, elle se voit obligée de faire un exposé devant sa classe, épreuve qu'elle redoute plus que tout. C'est ainsi qu'elle va rencontrer No, une fille à peine plus âgée qu'elle qui vit dans la rue. Lou décide alors de la sauver, à n'importe quel prix.
Cette histoire est extrêmement touchante et traite le sujet des sans-abris d'un point de vue inhabituel: celui d'adolescents. Les personnages principaux ont tous une quinzaine d'années - 13 ans seulement pour Lou - et se posent des questions sur la vie qui attendrissent le lecteur. En même temps, la réalité d'adolescent "normal" est confrontée à celle bien moins rose de No. Avec une telle histoire, on aurait pu s'attendre à un contraste exagéré (d'un côté une sans-abri et de l'autre côté une enfant gâtée), mais ce n'est pas le cas. Lou a elle aussi ses problèmes, et comme nous le verrons, être surdouée et se poser tant de question n'est pas toujours facile. De ce point de vue, Delphine de Vigan a trouvé le juste milieu, de manière que les personnages ne paraissent pas - trop - "clichés".
Le style d'écriture est simple, facile et agréable à lire. Il est parfaitement adapté aux adolescents mis en scène, car il ne faut pas oublier que même si elle est surdouée, Lou est encore très jeune. Ainsi, nous découvrons les problèmes habituels et les questions typiques qu'une adolescente de son âge peut avoir: l'école, les relations amoureuses, les amis. Elle a pourtant également d'autres problèmes, qui eux ne sont pas de son âge: tout d'abord la dépression de sa mère suite au drame qui s'est déroulé plusieurs années auparavant, et ensuite No.
La relation entre les deux adolescentes est bouleversante. D'un côté, Lou ne demande qu'à apporter son aide, mais de l'autre côté, No n'a pas l'habitude de faire confiance. D'à peine quelques mots impersonnels échangés au début, leur amitié se développera petit à petit, avec ses hauts et ses bas.
La fin du roman m'a surprise et, je dois l'avouer, un peu déçue. Je n'attendais rien d'utopique, mais de trop nombreuses questions subsistent à mon goût. C'est toutefois un livre qui vaut vraiment la peine d'être lu dès l'adolescence et qu'on ne lâche pas jusqu'à la fin - qui arrive d'ailleurs de manière assez inattendue...



[FR] Expiation - Ian McEwan

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Titre : Expiation
Auteur : Ian McEwan
Titre original : Atonement (anglais)
Traducteur : Guilemette Belleteste
Éditeur : Gallimard, collection Folio
Date de publication : 2000(Traduction française : 2001)
Pages : 488
 

* On incitait Briony à lire ses histoires dans la bibliothèque, et ses parents et sa soeur aînée étaient surpris d'entendre leur sage petite fille se donner en spectacle, faire de grands gestes de sa main libre, hausser les sourcils en interprétant les voix, lever les yeux de sa lecture l'espace de quelques secondes pour sonder les visages les uns après les autres, exigeant dans vergogne tout l'attention d'une famille ensorcelée par son récit.*
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Sous la canicule qui frappe l'Angleterre en ce mois d'août 1935, la jeune Briony a trouvé sa vocation: elle sera romancière. Du haut de ses treize ans, elle voit dans le roman un moyen de déchiffrer le monde. Mais lorsqu'elle surprend sa grande soeur Cecilia avec Robbie, fils de domestique, sa réaction naïve aux désirs des adultes va provoquer une tragédie. Trois vies basculent et divergent, pour se recroiser cinq ans plus tard, dans le chaos de la guerre, entre la déroute de Dunkerque et les prémices du Blitz. Mais est-il encore temps d'expier un crime d'enfance?
Tout en s'interrogeant sur les pouvoirs et les limites de la fiction, Ian McEwan restitue les frémissements d'une conscience, la splendeur indifférente de la nature et les tourments d'une histoire aveugle aux individus.



Dans la grande demeure des Tallis, en ce bel été de 1935, la jeune Briony a décidé de devenir écrivain. Désormais la seule enfant de la famille dans ce lieu isolé, elle utilise son imagination débordante tant pour rêver que pour écrire… Et toujours dans ses fictions, le courage l’emporte sur la lâcheté, la vertu sur la tromperie et le bien sur le mal. Avec l’arrivée de ses cousins du Nord, ainsi que le retour de son frère Leon, elle voit l’opportunité de mettre son talent en avant. Adolescente à la frontière entre le monde des adultes et celui des enfants, Briony va pourtant provoquer un drame. Après avoir surpris sa sœur Cecilia avec Robbie, le fils de la femme de ménage, elle va changer leur vie à jamais.
Cinq ans plus tard, en pleine guerre mondiale, personne n’a oublié. Briony a grandi et décide de se repencher sur cette soirée où tout a basculé. Mais n’est-il pas trop tard pour revenir en arrière et arranger le passé ?
Expiation est un étonnant mélange. D’un crime d’enfance à la guerre, en passant par un drame familial, la déroute de Dunkerque, la vie londonienne en cette période troublée et une histoire d’amour brisée, Ian McEwan dépeint une image à la fois touchante, captivante et réaliste. Le lecteur est tout d’abord plongé dans l’univers des Tallis, famille de la bonne société. Dans un décor où la nature prend une importance particulière sont introduits les principaux personnages de l’intrigue : la jeune Briony, ses grands frères et sœurs, Leon et Cecilia, sa mère, Emily, ses cousins, Pierrot, Jackson et Lola, et quelques domestiques. Briony, âgée de treize ans, est immédiatement mise en avant. Nous découvrons sa vie, ses plus secrètes penses et sa grande ambition : devenir écrivain. Aussi incroyable que cela puisse paraître, c’est elle qui va – involontairement – provoquer la tragédie située au cœur du roman, par une suite d’événements que l’on pourrait qualifier de coïncidences fâcheuses.
La deuxième partie prend place cinq ans plus tard, au début de la guerre. Nous retrouvons alors les personnages principaux, dont le destin a été tracé par les événements de 1935. Robbie est alors projeté sur le devant de la scène, engagé dans l’armée anglaise. Nous traversons alors de nombreuses scènes de la déroute de Dunkerque. De la fuite des soldats aux bombardements des civils, de la détresse à l’espoir, tous les aspects sont traités dans de longues et précises descriptions. Ces dernières sont très réalistes et font bien ressentir au lecteur l’horreur dans laquelle Robbie et ses compagnons d’infortune sont plongés, pendant une période qui semble infinie. Bien qu’illustrant à merveille la lenteur avec laquelle l’armée en déroute se déplace certaines de ces scènes sont relativement longues à lire et n’apportent selon moi par réellement d’éléments significatifs, que ce soit du point de vue historique ou psychologique.
Du côté de Briony et de Cecilia, qui n’ont depuis le soir du drame plus aucune relation, nous assistons à un changement capital. Eloignées du cocon familial, chacune de son côté à décidé d’entreprendre des études d’infirmières. Avec le corps médical de l’armée, elles ont aussi à faire face à la guerre, mais de manière indirecte. Cette troisième partie, consacrée au travail médical, m’a énormément plus. Nous découvrons le quotidien des apprenties, préparées sans qu’elles ne le sachent réellement à traiter les blessés de guerre. Le travail se fait de plus en plus dur jusqu’à ce qu’elles soient projetées au milieu des horreurs de la guerre de l’armée en déroute. Les détails et anecdotes sont admirablement bien racontés, de sorte que nous avons une idée précise et complète de la situation d’un hôpital londonien juste avant le Blitz.
De nombreuses années sont ensuite passées sous silence jusqu’en 1999, date de l’épilogue, qui nous réserve bien des surprises. C’est seulement lors des dernières pages que le lecteur découvrira le fin mot de l’histoire. Contrairement au reste du roman, où les détails et descriptions prolifèrent, nous assistons à un dénouement rapide qui nous lasse nous interroger sur l’ensemble de la tragédie, de la première phrase au dernier mot. La longueur de cette dernière partie est parfaite : elle laisse place à l’interprétation et à la réflexion du lecteur tout en lui fournissant suffisamment de détails.
Ce changement de style d’écriture est dans aucun doute un des points forts de ce roman. Ian McEwan a choisi une héroïne qui se cherche et qui a pour ambition de devenir écrivain. A partir du moment où l’écriture est un thème sur lequel on attire l’attention du lecteur, il convient d’attacher une attention particulière à la forme du roman elle-même. Le début de l’intrigue se passe en 1935, dans une famille au statut social élevé. Le style utilisé – phrases longues complexes, description poétiques, vocabulaire recherché – reflète l’univers dans lequel les personnages évoluent. Nous sommes ainsi plongés dans le quotidien d’une famille cultivée de l’époque.
Plus tard, durant la guerre, mais plus particulièrement à l’hôpital où travaille Briony, les événements se précipitent et le rythme des phrases devient plus rapide, faisant en quelque sorte écho à ce qui se passe à l’extérieur. L’épilogue continue dans la même direction : le style est élégant, mais plus épuré qu’au cours des premières pages du roman, et plus direct aussi. Nous vivons alors un brusque retour à la réalité, le retour au monde d’une adolescente qui vivait auparavant principalement dans ses pensées et ses écrits.
L’écriture est, comme je l’ai déjà dit, un thème particulièrement important, qui est développé de manière très intéressante. Ian McEwan s’interroge sur ses pouvoirs et ses dangers, ainsi que sur ce que la fiction nous permet ou ne nous permet pas de faire. Omniprésente dans le monde d’une jeune adolescente solitaire, il devient sous-jacent, l’espace d’un instant, durant la guerre, avant de revenir sur le devant de la scène pour la fin du roman.
Expiation, c’est l’histoire d’une famille déchirée par un crime d’enfance où les protagonistes poursuivent leur destin au cours d’événements historiques majeurs. De la tragédie d’une seule soirée aux conséquences irréversibles de la guerre, le lecteur est tenu en haleine jusqu’aux dernières pages. Si vous aimez les romans psychologiques et dramatiques, avec pour cadre d’importants faits historiques, et que vous n’avez pas peur des phrases et descriptions parfois un peu longues, n’hésitez plus !
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Un grand merci à Sohpie de m'avoir prêté ce livre



[EN] The Book Thief - Markus Zusak

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Title: The Book Thief
Author: Markus Zusak
Publisher: Black Swan
Release date: 2007
Pages: 554
 

* As Liesel would discover, a good thief requires many things. Stealth. Nerve Speed. More important than any of those things, however, was one final requirement. Luck.*
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Here is a small fact
You are going to die.
1939. Nazi Germany. The country is holding its breath. Death has never been busier.

 Liesel, a nine-year-old girl, is living with a foster family on Himmel Street. Her parents have been taken away to a concentration camp. Liesel steals books. This is her story and the story of the inhabitants of her street when the bombs begin to fall.
Some important information
This novel is narrated by Death
it's a small story, about:
* a girl *
* an accordionist *
* some fanatical Germans *
* a Jewish fist fighter *
*and quite a lot of thievery *
Another thing you should know
Death will visit the book thief three times.



‘There’s a multitude of stories (a mere handful, as I have previously suggested) that I allow to distract me as I work, just as the colours do. I pick them up in the unluckiest, unluckiest places and I make sure to remember them as I go about my work. The Book Thief is one such story’
And a poignant one. It is Liesel’s story, which starts in 1939 in the German town of Molching. The nine-year-old girl is sent to live there with a foster family and starts her new life on Himmel Street with encounters, friends, football games, school… and thievery, especially book thievery. But war is raging in the country and the rest of the world, and nobody is safe.
Although it might first appear like a rather conventional plot, Liesel’s story is undoubtedly moving. Is it because of the theme, which is at the same time emotional and terrible? Is it because of the touch of humour that characterises the narrator’s voice? Is it because of the poetic style of the considerations on the power of words? Is it because of the agreeable and light writing? Is it because of the characters themselves and their ability to survive even in the most desperate situations? Is it because of the unusual graphic design of the book? It is probably the sum of all these little details that make The Book Thief such an extraordinary and unique novel.
Most readers’ attention will probably first be attracted by the visual aspect of the book. The cover seems to be a good mirror of what will be discovered inside, and so are the back cover and its short summary: something plain, elegant, sad, and yes, intriguing and unusual. There are hundreds of books about the Holocaust, but this one is not like any I have read before.
The story is composed of ten main parts, which are themselves divided into short chapters. Each of them includes comments and precisions given by the narrator, sometimes with lists, bullet points, definitions or even sketches and drawings. The changes in font and style give an extremely attractive appearance to the novel. On the back cover summary, we are already given a good insight of what will be told and why… as well as a useful piece of information about the narrator.
Those who have started the book without reading this extract might wonder who is telling them the story. Who is that strange person who addresses us in a casual way and who is obviously not a human being, although he lives among them? It is nobody else that Death. The idea of choosing such an unconventional narrator was a masterstroke, as it offers various advantages. Of course, he is unusual and for that reason also attractive. Moreover, it enables the author to vary the point of view. Although Liesel’s story and that of her friends, enemies and family is the most important one, the dramatic events that are taking place in the world can simply not be neglected.
Markus Zusak wrote about the Holocaust, but rather than focusing on the camps or on battle scenes, he describes the lives of several rather conventional characters in a small town. He does not try to make us hate Hitler’s supporters or commiserate with the Jews. He describes the events and the characters and the reader is left to make up his own opinion. We can easily imagine that hundreds of other families had the same daily routine as the inhabitants of Himmel Street. Some were on the Führer’s side, others helped Jews… what is sure is that war had an important impact for all of them, even the ones who did not want to be involved, even the elderly people and the children… like Liesel.
Casting Death as the narrator enables shifts between global events and the particular situation of Molching, as well as an insight into various people’s lives, which would not have been the case if Liesel was telling the story on her own. Also, the time of the story is not linear: we have many flashbacks and shifts in the future, which captivate the reader’s interest from the first word to the last. Although we are given clues about event that are to take place later on, the suspense is kept all the way and we are always waiting for one more twists and turns in the plot.
Markus Zusak’s writing style is light and easy to read. We have the feeling that we are addressed directly and thus really involved in the story. The presence of several German words or sentences – and their translation, added in a simple and natural way, for those who do not understand this language – give a local taste to the description and take us straight to Himmel Street in the 40s. You do not read the story: you live it.
Several passages are moving and some contain a touch of humour which is welcome or even indispensable when you explore such a serious theme. The author uses a wide range of extremely meaningful images and metaphors, which successfully add to the depth of the story. The colours are important for Death, as you will discover in the first pages. The power of words is analysed by Liesel in a beautiful way as the story unfolds and will probably leave more than one reader with pensive thoughts.
The characters are all detailed and well developed. Liesel is clearly the heroin, but each of the characters she encounters has got enough space for his own personality to evolve and for the reader to grow attached to him: Hans and Rosa Hubermann, Rudy, Ilsa Hermann, Frau Holzstapel, Max Vandernburg… In my opinion, The Book Thief illustrates in an accurate way what happens at war. In a single town, on a single street, you will find a mix of people: soldiers, fanatics, neutral people who do not want to take sides, hidden Jews… and so do unexpected and unbelievable relationships form and develop. In a hostile universe, people have no choice but cooperate and trust one another… or at least try to. This is what wonderful stories are often made of.
The Book Thief is no fairy tale – although you will find at least one among its pages – and it does not finish with a ‘happy end’. The last chapters are tragic but nonetheless magnificent. Despite my great sadness when I discovered what happened to Himmel Street and its inhabitants, I must admit that this ending perfectly matches the tone of the story. Most readers will probably find themselves with tears rolling down their cheeks as the inevitable happens… and after more than 500 pages, they will be wondering how he reached the end of the story without even noticing it.
A wonderful, poignant novel which is unique in its genre despite the popular theme it deals with. A heart-warming Holocaust fiction like you have never read before!
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Thank you so much Mum for lending me this wonderful book. It is probably one of the best ones I have ever read!



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