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[FR] Orages - Céline Gierts

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Titre : Orages
Auteur : Céline Gierts
Éditeur : Chloé des Lys
Date de publication : 2011
Pages : 177


 


Orages de vie, renversement climatique, nous avons tous traversé des tempêtes, marché sous la pluie au rythme de nos rencontres. La rencontre, celle qui nous change, nous élève, nous transporte ou nous emprisonne. Celle qui nous rend vivant, différent, à la fois plus loin et plus proche de nous-mêmes …



Notre planète est peuplée de plus de sept milliards d'individus, chacun entretenant des liens sociaux avec d'autres. Au fil d'une vie, nous rencontrons un nombre incroyable de personnes, mais seules quelques unes de ces rencontres changent notre vie. Orages raconte une de ces histoires, depuis le moment où les personnages se sont vus pour la première fois jusqu'à... la fin (je n'en dirai pas plus pour ne pas tout dévoiler).
Vous l'aurez donc compris, Orages est un roman d'amour. Mais ce n'est pas un livre à l'eau de rose, comme on pourrait l'imaginer. C'est bien plus que cela : une écriture légère et poétique, des sentiments profonds et bien décrits, une histoire belle et touchante... Nous observons les personnages, dans leur bulle, le temps d'un été. L'idée de ne pas leur donner de prénom pour qu'on puisse plus facilement s'identifier à eux m'a séduite, bien qu'il ne soit pas toujours facile de savoir auquel d'entre eux les pronoms possessifs se réfèrent. Ce n'est toutefois pas un grand problème et la manière dont sont exposés leurs sentiments, avec de nombreux détails, est plus que réaliste. On remarque bien que la psychologie est un domaine que l'auteur connaît parfaitement.
Au long des 180 pages qui composent ce roman, nous apprenons à connaître et comprendre les personnages, en particulier Elle, dont nous sommes témoins de tous les états d'âmes. Tout se joue donc au niveau psychologique, sans qu'il n'y ait réellement d'action. De même, pas de descriptions de lieux, de paysages ou d'autres personnages, qui pourraient nous distraire. On en reste à l'essentiel : la rencontre de nos deux personnages. J'ai aimé m'y plonger, mais je dois admettre qu'à mi-chemin dans ma lecture, je n'étais plus autant intéressée qu'auparavant. Cela est sans doute dû à la lenteur du développement de la relation – ce qui est nomal, me ferez-vous remarquer, c'est comme dans la réalité – qui offrait un déséquilibre trop grand à mon goût avec la vitesse du temps qui s'écoulait : l'état d'esprit et les sentiments des personnages restaient pratiquement inchangés et, pourtant, chaque journée était décrite dans le détail.
Heureusement, lors de ces quelques passages un peu longs, la plume de l'auteur a continué à m'entraîner dans l'histoire. L'écriture est extrêmement poétique et emplie de de métaphores et de symboles. J'ai particulièrement aimé l'image de l'oiseau blessé – même si j'aurais préféré qu'il y soit seulement fait allusion, sans trop d'explications, pour laisser le soin au lecteur de faire le lien par lui-même. Plusieurs pistes pour comprendre le titre nous sont également données et nous entrons ainsi dans un univers qui semble hors du temps, dans un autre monde, empli de perfection, de magie et d'amour. Impossible de le nier, l'histoire est tout simplement magnifique.
L'unique chose qui ne m'a pas entièrement convaincue est l'épilogue. Moi qui aime généralement les fins fermées, où nous obtenons les réponses à nos questions, j'ai trouvé qu'il donnait trop de détails et qu'un final laissant place à l'interprétation aurait, ici, été parfait. Je comprends toutefois la décision de l'auteur et, il faut l'avouer, les dernières images sont très belles.
Orages est donc un roman très bien écrit qui séduira tous les amateurs de belles histoires d'amour dans lesquelles on se centre en détail sur la psychologie des personnages et le développement de leur relation. Et, dernière remarque avant de conclure, la présence d'une aquarelle sur la couverture me plaît beaucoup et est parfaitement appropriée, je vous laisse le soin de découvrir pourquoi. Je remercie donc le forum A&M pour l'organisation de ce tour et les éditions Chloé des Lys pour leur confiance.

 
Partenariat avec les Éditions Chloé des Lys



[FR] La balançoire - Raymonde Malengreau

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Titre : La balançoire
Auteur : Raymonde Malengreau
Éditeur : Chloé des Lys
Date de publication : 2012
Pages : 89
 

* Moi, l’arbre à clous, vieux de cinq cents longues années, je m’enracine, tout perclus, à l’orée d’un bois très ancien que les machines agricoles ont grignoté peu à peu. Si bien qu’il se réduit maintenant à un îlot dont les champs seraient la mer. *
_________________________________ 

Enfance ne rime pas avec innocence.
Les fruits ne sont pas tous bons pour la santé.
Les poudres bleues ne sont pas forcément magiques.
Mais les alcôves le sont parfois.
Les rivales ne sont pas celles que l'on attendait.
Et certains arbres parlent à ceux qui savent les entendre.
Écrire reste une aventure.



De quoi est faite la vie humaine ? Si l’on faisait un sondage, on obtiendrait probablement autant de réponses à cette question qu’il y aurait de participants. L’une d’entre elle pourrait être la suivante : la vie humaine est faite de rencontres, plus ou moins ordinaires. Rencontres amoureuses, amitiés, mais pas seulement. Parfois, il arrive que notre chemin croise celui d’un objet extraordinaire, qui compte pour nous, ou qui éveille des souvenirs depuis longtemps endormis. La balançoire raconte justement quelques-uns de ces petits épisodes de vie humaine.
Hormis ce lien grossier tissé par les hommes, les dix nouvelles qui composent ce recueil n’ont, à mon avis, pas d’autre point commun réel. Loin d’être un défaut, cette particularité a su me séduire car elle laisse une grande liberté à l’auteur, qui ne cesse de nous surprendre. Autant le dire tout de suite, ce livre a été un vrai coup de cœur et ce, pour plusieurs raisons.
J’ai tout d’abord été attirée par la couverture. Auparavant, plusieurs ouvrages de cette maison d’édition m’avaient déçu en raison de la mauvaise qualité des images, mais ce n’est pas le cas ce celui-ci : l’aquarelle – réalisée par l’auteur en personne, comme je l’ai appris en commençant ma lecture – s’accorde parfaitement au ton des courtes histoires et est en harmonie parfaite avec le titre. Quant au résumé présent sur la quatrième de couverture, il est parfait car il dit juste ce qu’il faut, sans trop de détails, ce qui n’est pas une chose facile lorsqu’il s’agit d’un recueil de nouvelles.
La mise en page est modeste, mais très propre, et la taille de police agréable à lire. Les nouvelles ont des longueurs variables, allant de six à douze pages, et le tout se lit donc relativement rapidement. J’ai immédiatement été séduite par la plume de l’auteur. D’apparence fluide et simple, elle est toutefois composée d’un vocabulaire recherché, en particulier lors des descriptions, ce qui lui donne un charme très particulier. De plus, même si nous ne rencontrons chaque personnage que pour l’espace d’un instant, de quelques pages, en réalité, on a le temps de s’attacher à eux. Sans se perdre dans des descriptions de leur caractère et habitudes, Raymonde Malengreau a su trouver les anecdotes adéquates pour les rendre humains et réalistes, ce qui est une qualité non négligeable, surtout pour des textes de cette longueur.
Toutes les nouvelles m’ont plus, sans exception, même si certaines m’ont plus émue ou touchée que d’autres. Nous faisons connaissance de personnages différents à chaque fois, venant de milieux variés, faisant diverses rencontres qui ont une certaine importance dans leur vie. Certains sont des enfants, d’autres des parents, d’autres encore des personnes âgées. On a un aperçu de plusieurs générations, comme si l’auteur avait voulu nous donner un éventail de ce que l’on peut trouver sur terre. Il y a des objets, aussi, et des lieux. Tant de choses qui peuvent paraître sans importance au premier abord, mais qui prennent vie dans ces magnifiques récits.
Dans cette chronique, je ne résumerai pas les nouvelles car je ne veux pas gâcher ni le plaisir des lecteurs, ni l’effort de l’auteur pour créer une quatrième de couverture si réussie. Je dirai seulement qu’avec « La balançoire », premier récit du recueil, on entre doucement dans cet univers si particulier et séduisant qui nous réserve bien des surprises, et que « L’arbre à clous » est une manière magnifique et pleine d’émotion de clôturer l’ouvrage. « Rédemption » et « Transhumance » m’ont beaucoup plu, peut-être en raison de leur côté un peu mystérieux, alors que d’autres, telles que « Le pique-nique » ou « La dame aux coquelicots » m’ont séduite de par leur fin ouverte qui laisse l’esprit du lecteur libre d’interpréter les faits comme il le souhaite. En résumé, des histoires romantiques aux mystères de la vie quotidienne, La balançoire offre une palette de petites histoires différentes qui plaira à une grande diversité de lecteurs.
C’est un ouvrage que tout le monde peut lire, à n’importe quel âge. Je pense que chacun interprétera ces petites histoires à sa manière, selon sa personnalité et son vécu, mais il est certain que la grande diversité de textes proposée est un avantage. D’une plume agréable et fluide, Raymonde Malengreau nous plonge dans des mondes imaginaires qui se rapprochent pourtant tant de notre réalité… Mon seul regret ? Que ma lecture se soit terminée si vite.
Je remercie donc chaleureusement l’auteur pour son magnifique travail que j’admire beaucoup, et je compte bien me procurer d’autres de ses ouvrages. Un grand merci également aux Éditions Chloé des Lys pour ce partenariat et pour sa confiance, et au forum A&M pour l’organisation de ce tour. Une très belle découverte, un grand coup de cœur !

 
Partenariat avec les Éditions Chloé des Lys
Découvrez le site web de l'auteur, avec entre autre ses aquarelles !



[FR] Devoir et Mémoire - Henri Beaudout

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Titre : Devoir et Mémoire
Auteur : Henri Beaudout
Éditeur : Chloé des Lys
Date de publication : 2012
Pages : 331
 

* La mort a parfois de drôles de façons. Elle s'infiltre partout, même là où on l'attend le moins. Puis au moment où tout semble jouer en sa faveur, voilà que le destin s'en mêle et renverse la situation au point de changer le cours des choses. Le grain de sable, en somme, qui fait que... *
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Noyé dans la foule qui se presse sur le quai d'une gare en France, un adolescent totalement désemparé fuit la ville de son enfance et prend le train pour monter à Paris. Mais contrairement à la plupart des provinciaux qui vont y chercher la consécration, il se rend dans la Ville lumière pour tenter de découvrir, parmi de nouveaux visages, une nouvelle raison de vivre. Car en plus de quelques effets personnels entassés en hâte dans une petite valise en carton, il emporte enfoui au plus profond de lui-même les stigmates d'un passé déjà trop lourd à porter. Et si lourd de conséquences, qu'il lui faudra près de dix ans avant de retrouver la sérénité de l'esprit perdue en Allemagne alors qu'il combattait le nazisme. Cela dit, voyons ce que l'un de ces héros, à qui nous sommes redevables d'être des hommes livres, a vécu pour en arriver là...


Comme le titre le laisse deviner, Devoir et mémoire se penche sur les souvenirs d’un homme. Mais Henri Beaudout n’est pas n’importe qui : jeune français âgé de dix-sept ans lorsque la guerre éclate, il rejoint le maquis et combat pour son pays. A travers de nombreux petits épisodes, il retrace son parcours durant cette période tourmentée, de 1940 à 1946.
D’un point de vue purement visuel, on ne peut pas dire que cet ouvrage soit une réussite. Si les couleurs de la couverture s’accordent au thème abordé, les images en gâchent quelque peu l’effet de par leur médiocre qualité. On ne peut malheureusement que deviner ce qu’elles représentent, et le texte est lui aussi trop pixellisé pour être agréable. Ce qui est appréciable, par contre, c’est la courte biographie de l’auteur qui accompagne le résumé sur la quatrième de couverture. Puisqu’il s’agit d’une autobiographie, c’est un élément très important à mes yeux.
Le roman est divisé en six chapitres, eux-mêmes découpés en courtes parties. Chacune d’entre elles est introduite par un petit dessin simple qui attire l’œil et illustre en quelque sorte ce qui est raconté dans les quelques pages à suivre. J’ai ressenti ces quelques parties comme des épisodes variés de la vie d’Henri Beaudout, nous donnant un aperçu général de son parcours, dotées de petites anecdotes concernant la guerre, ses rencontres et bien d’autres choses encore. Elles peuvent donc être lues plus ou moins indépendamment les unes des autres, et il n’est pas nécessaire d’effectuer la lecture d’une seule traite pour bien comprendre.
Du point de vue des événements, il est bien sûr difficile d’émettre un jugement car il s’agit d’un témoignage. Henri Beaudout n’invente pas une histoire, il raconte ce qu’il a vécu et tente de nous transmettre ses émotions, ainsi que l’atmosphère de cette terrible guerre. Il est parfois tout de même difficile de suivre l’action, car de scènes très lentes, on passe à une succession d’événements de la plus grande importance, suivis d’ellipses et de petites histoires apparemment anodines. J’ai personnellement eu de la peine à avoir la notion du temps qui passait lors de ses aventures, tout comme à me représenter à quelle étape se trouvait la guerre. Je pense qu’il aurait été préférable de donner des informations plus générales sur les événements qui survenaient dans le monde entier, mais une fois encore, c’est un choix de l’auteur, qui a préféré se concentrer sur ses propres souvenirs.
Pour continuer dans la même direction, on est rapidement plongé dans l’univers du maquis. Toutefois, pour quiconque n’y connaît rien, ou pas grand-chose – ce qui était mon cas – il est parfois peu aisé de comprendre ce qui se passe réellement, qui est qui, et quel est le but des opérations entreprises. Les abréviations sont généralement explicitées (encore que retranscrire un acronyme en toutes lettres n’aide pas forcément à expliquer ce que ce dernier signifie), mais il y en a tellement, et ajoutés à la présence de mots très spécialisés, ils rendent la représentation de cet univers si particulier peu aisée.
Néanmoins, on arrive sans trop de difficultés à imaginer les horreurs de la guerre et les épreuves traversées par le narrateur. Henri Beaudout à des choses à dire, impossible de le nier. J’aurais toutefois souhaité être plus touchée par l’histoire, par le personnage, et plus entraînée par l’histoire. Je pense que le style d’écriture est en grande partie responsable de ce manque d’émotions de ma part, et je dois même avouer qu’il m’a troublée. Quelque peu haché, les phrases courtes au style oral sont alternées avec d’autres très longues, me donnant une sensation de déséquilibre permanent. La présence, aux côtés de mots familiers, voire argotiques, de vocabulaire soutenu m’a paru étrange, et plusieurs fautes d’orthographe et de typographie ont gêné ma lecture.
Devoir et mémoire est toutefois un roman qui vaut la peine d’être lu, car il nous plonge dans l’univers des maquis d’une manière inhabituelle. Le titre est bien choisi : il faut se souvenir. Les courts épisodes sont agréables à lire, même s’il est parfois un peu difficile de saisir la direction de l’œuvre entière et de mettre en relation les événements bien connus de la Seconde Guerre mondiale et la vie personnelle d’Henri Beaudout. Ce livre plaira à tous les amateurs d’autobiographies et de récits retraçant l’histoire de clandestins sous l’occupation allemande.
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Partenariat avec les Éditions Chloé des Lys.
Merci pour la confiance.



[FR] 24 Heures pour la fin d'un monde - Emilie Decamp

❖ 1 commentaire:

Titre : 24 heures pour la fin d'un monde
Auteur : Emilie Decamp
Éditeur : Chloé des Lys
Date de publication : 2011)
Pages : 107
 

* Elle écrivait des mots forts, des mots tendres, des mots violents. Envers et contre tout. En vers et contre tous. C'était sa liberté et rien ne pourrait l'empêcher de s'évader de cette manière. Son père, évidemment, n'était pas au courant. Personne ne l'était, à part sa grand-mère. Et c'était mieux comme cela. *
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Malgré une enfance par toujours rose, elle semblait être une fille correcte. Mais à 20 ans seulement, sa vie semble compromise.
Voici les dernières heures d'une vie, d'un monde, d'un "elle". L'histoire d'un combat entre mots et stupéfiants.



24 heures pour la fin d’un monde, un titre mystérieux, qui est ouvert à l’interprétation. Vingt-quatre heures, c’est court pour la fin d’un monde, et pourtant, il suffit bien souvent de quelques secondes pour qu’une vie bascule. Dans ce petit roman, Elle nous raconte, en vingt-quatre heures, les événements qui ont façonné sa vie et qui l’ont emmenée là où elle se trouve actuellement, perdue entre les mots et la drogue, délaissée de tous. Le titre laisse présager une fin sombre, pourtant, rien n’est prévisible, et les scénarios qui se proposent avant la lecture sont multiples.
C’est à ce petit jeu d’imagination que je me suis essayée en recevant le livre et ce, pour plusieurs raisons. Tout d’abord, je dois admettre que j’ai été déçue par l’apparence de l’ouvrage. En effet, si l'image me plaît et paraît bien à propos, je n’ai pas été impressionnée par la qualité de la première et de la quatrième de couverture, et encore moins par celle de la tranche. En effet, le logo de la maison d’édition est très pixellisé, tout comme le résumé, le prix, la photographie et la biographie de l’auteur, qui est d’ailleurs écrite d’une police différente que je trouve mal assortie au reste. Ce qui m’a le plus gênée, toutefois, c’est que le nom d’Emilie Decamp soit à peine visible, écrit en noir sur fond gris foncé.
L’intérieur du roman m’a lui aussi laissée sur ma faim car je n’avais pas l’impression d’une œuvre réellement finie du point de vue de la mise en page. Les variations de police sont intéressantes car elles font écho aux différents styles avec lesquels l’auteur s’amuse, mais elles ne vont pas très bien ensemble. De plus, les interlignes sont très aléatoires, ce qui m’a quelque peu perturbée. Je cherchais une logique, pensant que cela donnait des informations supplémentaires sur l’organisation du récit, mais je n’en ai trouvé aucune. Heureusement, je ne m’arrête pas à l’apparence d’un livre…
En voyant le nombre très réduit de pages et les paragraphes espacés, écrits en gros caractères, j’ai décidé de retarder un moment cette lecture qui se révèlerait sans aucun doute rapide en faisant des hypothèses sur son contenu. Autant vous dire que je ne m’étais pas du tout préparée au délice qui allait suivre, un vrai coup de cœur qui porte à réfléchir. Emilie Decamp a une plume magnifique et tout au long du récit, elle s’essaie à différents styles, mêlant à son récit entre autres lettres et poésie. C’est dans ce dernier genre qu’elle excelle, et c’est sans aucune surprise que j’ai appris qu’elle avait déjà publié plusieurs recueils de poèmes. J’avoue que la poésie ne m’attire en général pas réellement, mais ce qu’elle a écrit là m’a particulièrement touchée. En rimes, et particulièrement sombres, ces petits textes témoignent parfaitement de l’état profond de désespoir dans lequel l’héroïne se trouve.
Pour parler d’Elle, justement, l’auteur a su trouver les mots justes pour la rendre sensible et attachante, sans toutefois nous dégoûter complètement de la vie, comme c’aurait pu être le cas. Sans jamais apprendre son prénom, et à travers de courts chapitres représentant chacun une heure, s’approchant irrémédiablement de l’instant fatidique, on en vient à la connaître, à comprendre sa vie, son existence et les étapes qui ont causé cette descente aux enfers. Et alors, des questions apparaissent : que faire quand on n’a plus personne pour nous aider ? A quel point le milieu dans lequel nous grandissons influence notre avenir ? Et, plus ouvertement, pourquoi vivre ? C’est une interrogation qui a probablement traversé l’esprit de la plupart d’entre nous, alors que nous ne nous trouvions pas nécessairement dans une situation aussi désespérée que celle de notre héroïne. Il y a des milliers de réponses, allant du simple plaisir physique de la vie et du fait d’exister à l’amour et aux petits plaisir que les autres nous procurent. Mais quand il n’y a plus rien à quoi s’accrocher, qu’on est seul au monde, que se passe-t-il ?
C’est cette sombre perspective que nous dresse Emilie Decamp dans ce roman. Les petits chapitres font penser à une sorte de retour sur soi-même, écrits un peu comme un « stream of consciousness », dans un ordre personnel à la narratrice, selon le fil de ses pensées. Des petits bouts de sa vie. Des souvenirs. Elle sait qu’elle va mourir, et c’est le moment de faire le bilan de son existence et, pourquoi pas, de comprendre comment elle en est arrivé là. Il y aurait eu d’autres développements possibles, des fins heureuses, où l'écriture l'aurait emporté sur la drogue, ou plus sombres encore. L’auteur a choisi celle-ci, et à juste titre me semble-t-il. Certains pourraient lui reprocher de tomber quelque peu dans les stéréotypes, mais loin d’être dans l’excès, cela donne justement plus de force au récit. Ainsi, un univers sombre est décrit, sorti de son imaginaire… mais qui, en fait, est bien réel pour certains d’entre nous.
24 heures pour la fin d’un monde est un petit roman qui se lit extrêmement vite, mais qui n’en est pas moins poignant. Alors que les larmes coulaient toutes seules, j’ai eu envie de faire durer le plaisir le plus longtemps possible, et j’ai été bien déçue de tourner la dernière page. Comprenez-moi bien, cette déception n’a rien à voir avec la fin ou l’histoire en elle-même. C’est seulement le regret d’avoir passé un si bon, mais si bref moment aux côtés de cette héroïne torturée qui n’a pas eu de chance dans sa vie. Je ne vous le cache pas, ce n’est pas un récit gai, mais je le recommande néanmoins à tous. Extrêmement touchant, je pense toutefois qu’il est préférable d’avoir déjà une certaine maturité pour l’apprécier à sa juste valeur, d’une part en raison du sérieux des thèmes abordés – la drogue, la mort et un univers très noir – mais aussi et surtout pour en saisir la profondeur et les subtilités qui échapperaient sans doute aux plus jeunes lecteurs.
Je termine donc en remerciant le forum A&M pour l’organisation de ce partenariat, et les Editions Chloé des Lys pour leur confiance. Un grand bravo à l’auteur, Emilie Decamp, qui nous offre une histoire magnifique, écrite d’une plume belle et sensible, malgré l’apparence quelque peu décevante du livre. Un coup de cœur !

 
Partenariat avec les Éditions Chloé des Lys
Un grand merci à la maison d'édition pour sa confiance.



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