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[FR] Le cabanon jaune - Christelle Angano

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Titre : Le cabanon jaune
Auteur : Christelle Angano
Éditeur : Rémanence
Date de publication : 2016 (octobre 2015 pour la traduction française)
Pages : 201
 

* Accoudée au bastingage, elle suivait du regard un groupe de dauphins qui les accompagnait, et se surprit à les envier. Ils étaient si libres ! Un instant, elle eut le sentiment d'être piégée dans un filet, une nasse. *
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Après la disparition de son père, marin pêcheur confirmé, au large des côtes normandes, Cloé Lebon a besoin de comprendre. Qu'a-t-il bien pu se passer cette nuit-là, alors qu'il faisait si beau ? Petit à petit le doute s'installe avec ce sentiment confus mais obsédant qu'on lui cache quelque chose.
D'Honfleur aux îles Marquises, en passant par l'Irlande, voyage initiatique, la jeune fille est en quête d'une réponse.

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* "C'est la montre de ton père, il n'en a plus besoin, et moi non plus. La seule chose dont je suis sûre, c'est que mon heure approche." *




Cloé a toujours vécu en Normandie, entourée de ses parents, de son parrain et des habitants d’Honfleur. Pour elle, le monde des pêcheurs n’a aucun secret... et pourtant. Lorsque son père disparaît en mer, elle ne peut s’empêcher de penser qu’il y a quelque chose qu’elle ignore, mais qui pourrait expliquer ce qui s’est passé. Elle décide de découvrir ce qu’on lui cache, mais elle est loin de se douter à quel point sa vie va changer.
Dès les premières pages, le lecteur est entraîné au grand air, chez les habitants d’Honfleur. La communauté est soudée face à l’immensité de la mer, et aux drames qui peuvent s’y produire. Tout semble atemporel, comme si on était dans une sorte de monde parallèle où les gens vivent simplement et où rien ne change jamais. L’arrivée d’un Irlandais dans le bassin d’Honfleur va pourtant très vite bousculer les habitudes et les rêves de Cloé.
À presque trente ans, la jeune héroïne n’a jamais quitté sa région natale et son attachement devient plus fort encore durant son deuil. Pourtant, en quelques mois, elle change à tel point qu’on la reconnaîtrait à peine si on ne s’était pas autant attaché à elle. Comme elle, on craint le changement, mais on ne peut s’empêcher de penser que c’est pour le meilleur, si elle parvient toutefois à chasser les esprits qui la hantent. C’est le moment pour elle de prendre son envol ; de Tahiti à l’Irlande, en passant par les îles Marquises, elle découvrira que le vaste monde s’étend bien au-delà de sa chère Normandie et qu’elle peut en profiter si elle apprend à accepter les secrets qu’elle a découverts.
À travers le voyage de Cloé, tant au sens propre que figuré, Christelle Angano aborde des questions existentielles telles que l’attachement, la mort, la famille, l’amour, la confiance et le secret, qui confèrent une certaine profondeur à l’histoire, sans pour autant qu’elles pèsent sur le lecteur. La plume est légère et fluide, ajoutant un peu de poésie à un monde plutôt rude. La culture locale, notamment les chansons, ajoute une touche de couleur et d’exotisme à l’intrigue. Tout est contrastes et perceptions, avec un véritable effet dépaysant.
Le cabanon jaune est une lecture rafraîchissante qui m’a beaucoup touchée. Je recommande ce livre à tous ceux qui ont envie de voyager et qui comprennent que la vie n’est jamais aussi simple qu’il y paraît. Je remercie les éditions de la Rémanence et Babelio pour cette belle découverte !
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* En bref... * 

Pour un voyage rafraîchissant au gré de la mer, qui entraînera le lecteur de la Normandie à l’Irlande, en passant par la Polynésie française, dans les profondeurs des secrets bien gardés d’une petite communauté sans histoires... ou presque.


   


 
Livre reçu dans le cadre des Masse critiques de Babelio




[FR] Vol de nuit - Antoine de Saint-Exupéry

❖ 1 commentaire:


Titre : Vol de nuit
Auteur : Antoine de Saint-Exupéry
Éditeur : Folio
Date de publication : 2000 (1931)
Pages : 188
 

* Les collines, sous l'avion, creusaient déjà leur sillage d'ombre dans l'or du soir. Les plaines devenaient lumineuses mais d'une inusable lumière : dans ce pays, elle n'en finissent pas de rendre leur or de même qu'après l'hiver, elles n'en finissent pas de rendre leur neige. *
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Ainsi les trois avions postaux de la Patagonie, du Chili et du Paraguay revenaient du sud, le l'ouest et du nord vers Buenos Aires. On y attendait leur chargement pour donner le départ, vers minuit, à l'avion d'Europe.
Trois pilotes, chacun à l'arrière d'un capot lourd comme un chaland, perdus dans la nuit, méditaient leurs vols, et, vers la ville immense, descendraient lentement de leur ciel d'orage ou de paix, comme d'étranges paysans descendant de leurs montagnes.
Rivière, responsable du réseau entier, se promenait de long en large sur le terrain d'atterrissage de Buenos Aires. Il demeurait silencieux car, jusqu'à l'arrivée des trois avions, cette journée, pour lui, restait redoutable. 


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* Si j'étais très juste, un vol de nuit serait à chaque fois une chance de mort. * 



Les déplacements en avion sont devenus tellement ordinaires qu’il est facile d’oublier les débuts de l’aviation. Pourtant, les instruments et les technologies utilisés aujourd’hui ne sont pas apparus d’un claquement de doigts. Ils sont le fruit d’une longue évolution, basée sur différentes théories, sur des connaissances scientifiques et techniques, mais aussi sur les expériences et les accidents, qui ont entraîné une amélioration des aéronefs.
Autrefois, les pilotes étaient de véritables aventuriers, guidés par leur passion et prêts à prendre des risques incroyables. Bien avant que l’aviation ne se soit démocratisée et serve avant tout aux loisirs, son potentiel avait été repéré par l’armée et par les services postaux.
C’est justement de l’industrie postale que parle Vol de nuit. À une époque où le pilotage automatique n’existe pas, il est très difficile de voler la nuit. C’est pourtant l’objectif à atteindre, car c’est ce qui fait la différence entre le transport du courrier par route ou rail, et par air. C’est le début de l’aviation commerciale en Amérique du Sud : le lecteur suit trois pilotes qui cherchent à rejoindre l’Argentine depuis le Chili, la Patagonie et le Paraguay.
Antoine de Saint-Exupéry était lui-même aviateur, et cela se ressent dès les premières pages. Son roman n’est pas une description détaillée d'événements historiques mais une collection d'anecdotes et d’impressions qui donnent une bonne idée au lecteur de ce à quoi pouvait ressembler la vie d’un pilote à cette époque. Même s’ils sont anonymes, on ne peut s’empêcher de s’attacher à eux et, surtout, de les admirer. Tous font preuve d’un dévouement sans faille et sont prêts à tout abandonner pour leur métier.
Le personnage de Rivière est très intéressant ; il semblera peut-être cruel au premier abord, mais c’est un personnage bien plus difficile à cerner qu’il n’y paraît. Les différentes couches de sa personnalité lui donnent une profondeur touchante et, grâce à lui, l’auteur aborde des questions intéressantes, notamment celle du devoir, du sacrifice et de la liberté de choix.
Le ton du roman est très sobre, sans fioritures, mais très imaginé, si bien que le lecteur n’aura aucun mal à s’imaginer à bord des avions postaux d’Amérique du Sud. C’est un très beau livre que je recommande à tous ceux qui s’intéressent de près ou de loin à l’aviation.
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* En bref... * 

Un très beau roman retraçant les débuts de l’aviation postale ; un hommage au courage et au dévouement des pilotes d’autrefois !


  




[FR] N'oublier jamais - Michel Bussi

❖ 2 commentaires:


Titre : N'oublier jamais
Auteur : Michel Bussi
Éditeur : Presses de la cité
Date de publication : 2014
Pages : 501
 

* La dernière chose qu'il vit fut l'écharpe de cachemire rouge flotter entre les doigts de la fille. L'instant d'après, elle bascula dans le vide. *
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Il court vite, Jamal, très vite. À cause de sa prothèse à la jambe et autres coups du sort, il a un destin à rattraper.
À Yport, parti s'entraîner sur la plus haute falaise d'Europe, il a d'abord remarqué l'écharpe, rouge, accrochée à une clôture, puis la femme brune, incroyablement belle, la robe déchirée, le dos face au vide, les yeux rivés aux siens. Ils sont seuls au monde ; Jamal lui tend l'écharpe comme on tend une bouée.
Quelques secondes plus tard, sur les galets glacés de la plage déserte, gît sous les yeux effarés de Jamal le corps inerte de l'inconnue.
À son cou, l'écharpe rouge.
C'est la version de Jamal.
Le croyez-vous ?   

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* Mon seul témoignage contre celui de tous les autres.
Qui, désormais, pourrait me croire ?
Qui pourrait encore parier sur mon innocence ?
Personne...
Personne sauf vous ?
À ce point de non-retour dans les abysses de la folie, êtes-vous toujours disposé à croire tout ce que j'affirme depuis le début ?
Je n'invente rien. * 




Lorsque Jamal part en vacances à Yport, il est loin de se douter que sa vie va changer à jamais ; que, lors de son pas de course quotidien, il va rencontrer une fille magnifique sur la falaise ; que cette fille va se jeter dans le vide ; et qu’à partir de là tout va dégénérer.
Le ton de N’oublier jamais est très différent de celui des autres romans de Michel Bussi que j’ai pu lire. Le narrateur est Jamal, et il arrive quelquefois qu’il s’adresse directement au lecteur, comme pour le prendre à témoin. Son récit est sinon plutôt neutre et entrecoupé de rapports de police nous relatant des fait survenus une dizaine d’années auparavant.
Même si l’intrigue est bonne, qu’il y a du suspense et un de ces coups de théâtre dont l’auteur a le secret, N’oublier jamais ne m’a pas transportée aussi loin que je m’y attendais. J’avais envie de découvrir la suite, mais plus grâce aux quelques premières pages du roman que grâce au déroulement des évènements ; je dois même avouer que j’ai parfois été frustrée par la lenteur avec laquelle l’histoire se développe et l’accumulation d’indices qui mènent à penser que Jamal est fou, et qui en viennent à nous faire douter de lui.
Le personnage en lui-même est intéressant et un peu atypique : il est d’origine maghrébine et rêve de participer à l’ultra-trail du Mont-Blanc malgré sa prothèse. On ne sait pas ce qui lui est arrivé, et c’est un mystère que l’on aimerait bien éclaircir. Un détail qui pourrait d’ailleurs l’innocenter ou, au contraire, renforcer les soupçons qui pèsent sur lui. J’ai toutefois eu l’impression que l’enchaînement de situations fâcheuses dans lesquelles il semble constamment empêtré devient finalement un peu trop exagérée pour être crédible ou même réaliste. Qu’il s’agisse de ses rencontres, des options qui s’offrent à lui ou des documents qui lui parviennent, tout semble un peu trop bien orchestré… à tel point que le lecteur se fera sans aucun doute suspicieux.
J’ai bien aimé le principe d’avoir plusieurs points de vue, mais j’ai trouvé un peu artificiel que les rapports de police ne soient pas présentés comme tels. Ils sont en effet racontés et je pense qu’un ton et un style différents auraient donné de la profondeur au récit.
Le double coup de théâtre est très surprenant, mais j’ai trouvé que la résolution de l’affaire prenait trop peu de place par rapport au développement de l’intrigue et que ce déséquilibre desservait le suspense et l’attente qui avait été créée. Cela est peut-être dû à la personnalité un peu floue de certains personnages, qui m’a conduite à les confondre quelque peu.
Ne me comprenez pas mal, N’oublier jamais n’est pas un mauvais roman, mais je ne le trouve pas aussi bon que mes précédentes lectures de Michel Bussi. Il reste facile à lire et divertissant, mais peut-être avais-je des attentes trop élevées ?
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* En bref... * 

Un roman policier divertissant et sympathique à lire si vous aimez les gros coups de théâtre pas tout à fait réalistes !


   





[FR] Sans rien ni personne - Marie Laberge

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Titre : Sans rien ni personne
Auteur : Marie Laberge
Éditeur : Boréal
Date de publication : 2007
Pages : 434
 

* Les phares des voitures dessinent un long ruban sans hiatus. Chaque soir, c'est le même scénario. Chaque soir, Patrice repense à tous ces gens coincés derrière leur volant, à pester, à râler et à se mitonner une attaque à coup de stress. *
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Montréal, le 1er juillet 1972, Isabelle Deschamps, française d’origine, est retrouvée morte dans son appartement, rue Marie-Anne. Elle a le ventre affreusement mutilé. À côté d’elle, le corps de son nouveau-né, mort également.
Paris, janvier 2007, Émilien Bonnefoi apprend qu’il va mourir dans les prochains six mois. Peu lui importe : depuis trente-cinq ans, sa vie n’a plus qu’un sens, celui de résoudre l’énigme de la mort de sa fille Isabelle. Il retourne exercer des pressions auprès de l’enquêteur chargé de ce cold case.
C’est ainsi que le commissaire Patrice Durand débarque à Montréal, déterminé à connaître le fin mot de l’affaire. Vicky Barbeau, chargée du cas au service des crimes non élucidés de la Sûreté du Québec, n’est pas follement enthousiaste à l’idée de reprendre une chasse aux témoins des plus improbables alors que plus de trois décennies séparent les faits de l’enquête. Pourtant, de Saint-Pierre et Miquelon aux Îles de la Madeleine, en passant par le Bas-du-Fleuve, l’affaire se révèle plus prometteuse – et plus compliquée – qu’il n’y paraissait.
C’est au genre du policier que Marie Laberge emprunte le cadre de son nouveau roman. Ses lecteurs seront emportés par un suspense irrésistible, tandis que le travail des policiers, ce tandem parfois grinçant formé d’un français et d’une québécoise, permet à la romancière de laisser libre cours à son sens de l’humour à travers des dialogues qui claquent. Mais nous retrouverons intact, dans Sans rien ni personne, l’extraordinaire pouvoir d’émotion qui caractérise toute son œuvre.


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* Les yeux sont si atterrés, si battus, Vicky s'élancerait pour la consoler, la protéger. [...] Parce que, malgré tout ce qu'elle a traversé, elle conserve une sorte de droiture, une attitude enfantine qui excite tout l'instinct du sauveteur qui sommeille au cœur d'un être humain. * 




Départ pour le Canada aux côtés de Patrice, policier français bien décidé à résoudre une affaire vieille de plusieurs dizaines d’années.Vicky, l’enquêtrice québécoise chargée de le recevoir ne se montre pas très disposée à rouvrir un « cold case » pour lequel aucun nouvel indice n’a été découvert. Elle va pourtant très rapidement se retrouver entraînée sur la piste du tueur d’Isabelle Deschamps, une jeune française qui avait été retrouvée morte dans son appartement, le ventre mutilé… et l’affaire se révèle bien plus compliquée que prévu.
Ayant déjà lu Mauvaise foi, j’avais déjà eu le plaisir de rencontrer les enquêteurs de Marie Laberge, que j’avais beaucoup appréciés. Vicky semble bourrue et râleuse au premier abord, mais, si on est attentif, on remarque vite qu’il y a d’autres aspects importants derrière la surface de sa personnalité. Patrice est sous bien des aspects le policier français typique (enfin, j’imagine, n’étant ni policière, ni française), mais sa ténacité et sa motivation le rendent plutôt séduisant. Même s’il semble que la collaboration entre ces deux personnages va être difficile et peu agréable, elle confère un certain dynamisme et un humour subtil au roman.
Le sujet des relations entre la France et le Québec apparaît sous plusieurs formes. Étant personnellement passionnée par la question de l’identité linguistique et de la communication interculturelle, c’est un aspect qui m’a beaucoup plu et qui apporte une grande richesse à l’histoire. Il y a bien quelques stéréotypes mais, loin de les trouver lourds, j’ai plutôt trouvé qu’ils donnaient une certaine légèreté aux passages d’enquête intense.
Il faut dire que les lecteurs qui s’attendent à un roman policier classique risquent d’être un peu déçus, ou au moins surpris ; car Sans rien ni personne est un mélange de plusieurs genres, même si la composante policière occupe une place prépondérante. J’aime le temps que l’auteur prend pour décrire les personnages et le fait qu’elle nous dévoile tout naturellement des pans de leur histoire personnelle qui nous aident à construire leur personnalité petit à petit. Les descriptions sont réalistes et très bien dosées, et nous transportent tout droit au Canada.
S’agissant d’un dossier non résolu datant de plusieurs décennies, il est clair qu’il ne s’agit pas d’une enquête ordinaire. La pression du temps n’existe pas, d’importants témoins sont sans doute morts ou ont oublié des détails qui auraient pu être décisifs pour l’affaire. Et pourtant, en reprenant chaque élément du dossier, les enquêteurs progressent peu à peu. Il n’y a donc pas vraiment de suspense, mais une certaine attente est créée chez le lecteur… et bien malin est celui qui arrivera à deviner la fin !
Peut-être objecterez-vous que l’intrigue n’est pas tout à fait réaliste. Soit, mais c’est après-tout un œuvre de fiction, n’est-ce pas ?
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* En bref... * 

Un cold case résolu d’une main de maître par un policier français et une enquêtrice québécoise peu disposés à collaborer et tous deux dotés d’un fort caractère. Sans rien ni personne est un roman entraînant, écrit d’une plume fluide, et plein de petites touches d’humour qui donnent de la profondeur à l’intrigue.


  




[FR] Nébulosité croissante en fin de journée - Jacques Côté

❖ 2 commentaires:


Titre : Nébulosité croissante en fin de journée
Auteur : Jacques Côté
Éditeur : Alire
Date de publication : 2000
Pages : 365
 

* Duval tiqua en voyant la carcasse de ce qui avait été un bolide sur lequel des yeux admiratifs s'étaient posés. La fibre de verre avait fondu. On aurait dit une sculpture moderne, informe, toute roussie. De la guimauve caramélisée. *
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Juin 1976...
Alors qu'une terrible canicule s'abat sur tout le Québec, les jeux Olympiques de Montréal se profilent à l'horizon. Mais à Sainte-Foy, en banlieue de la Vieille Capitale, H se soucie peu de la chaleur et des jeux. À peine sorti de prison, il perd le nouvel emploi qui était censé consacrer sa réinsertion sociale. Des gens devront payer pour ce nouvel échec.
Daniel Duval, lui, est enquêteur à la Sûreté du Québec. À son retour d'un marathon, il fait face à un cas difficile : un psychopathe s'amuse à canarder des automobilistes sur le boulevard Duplessis. En compagnie de son coéquipier Louis Harel, il tente désespérément de mettre la main au collet du tireur fou afin d'éviter d'autres meurtres gratuits.
Or, les deux policiers ne connaissent pas la passion morbide de H pour la démolition automobile... ni sa ferme intention de se payer la peau d'un flic !
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* Sur le viaduc, des badauds à la curiosité morbide admiraient le spectacle. C'était le viaduc depuis lequel on avait tiré le conducteur de la Corvette. En agent d'expérience qu'il était, Duval observa les gens agglutinés. L'homme qu'il cherchait êtait jeune, vingt ou vingt-deux ans, peu instruit, jamais rassasié de violence, et il circulait à pied. Il entretenait un rapport ambivalent avec les automobiles. Une sorte de pyromane des routes à la recherche d'une minute de gloire. * 


Et c’est parti pour LA saga policière québécoise à ne pas manquer ! Daniel Duval, enquêteur à la Sûreté du Québec et coureur marathonien chevronné se lance sur la piste d’un jeune fou qui a une véritable passion pour les accidents de voiture ; H est tout juste sorti de prison, mais tout va mal pour lui. Heureusement, il est intelligent, et a tout prévu pour se venger.
La grande force du roman, c’est ses personnages, auxquels il est impossible de ne pas s’attacher. Les scènes tournant autour de l’enquête dominent, mais les petits aperçus que Jacques Côté nous donne de la vie privée des personnages les rendent plus humains. La passion de Daniel pour la course à pied renforce aussi sans doute cette idée. Il ne vit pas que pour son travail. Les personnages ne sont pas des super héros à qui rien ne résiste ; ils font aussi des erreurs et des mauvais choix, et il n’en paraissent que plus réalistes. On s’attendrait presque à les croiser dans la rue !
Le récit retrace principalement l’enquête menée par Daniel et son coéquipier, Louis Harel, mais certains chapitres sont racontés du point de vue de H, le criminel qu’ils poursuivent. Vous vous demandez sans doute si je ne suis pas en train de gâcher le suspense. Je vous rassure tout de suite, ce n’est pas le cas. C’est quelque chose que les lecteurs découvrent très rapidement, et ce n’est pas l’identité du criminel qui crée le suspense.
Je pense en réalité que le fait de savoir qui est responsable dès le début est un très bon moyen de créer une attente chez le lecteur ; je m’explique. De courts chapitres nous plongent dans la tête de H. Il apparaît clairement qu’il est dérangé, mais il a tout de même un côté humain auquel il est difficile de rester indifférent. Il est certes violent et dangereux, mais la chance n’a jamais été de son côté et il presque impossible de le détester tout à fait. Tout en espérant qu’il soit arrêté, je me suis prise à éprouver une sorte de compassion pour lui, à certains moments… jusqu’à ce que l’enchaînement de décisions qu’il prend me fasse changer d’avis. Quoi qu’il en soit, on se demande à chaque page comment toute cette histoire va se terminer.
L’intrigue en elle-même m’a beaucoup plu. Il y a un côté « vintage » à lire une histoire qui se passe en 1976, sans que les nouvelles technologies ne soient omniprésentes. On se concentre sur le facteur humain plus que sur les machines, et j’ai trouvé qu’il était très agréable de suivre une vraie enquête de terrain, où on a l’impression que le policier a réellement une influence sur l’issue de l’enquête.
Le milieu dans lequel évoluent les personnages est intéressant, et la manière de commettre les crimes plutôt originale. On se retrouve plongé dans le monde des voitures et des courses automobiles un peu particulières et, même si ce n’est pas un sujet que vous trouvez particulièrement intéressant, vous ne pourrez pas vous empêcher de trouver cet univers fascinant.
À bientôt pour la suite de la saga !
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* En bref... * 

Un roman policier québécois un peu « vintage » à ne pas manquer, que ce soit pour son intrigue originale, pour ses personnages attachants, pour son suspense particulier, pour son univers particulier ou pour la beauté de la plume de l’auteur.






[FR] Puzzle - Franck Thilliez

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Titre : Puzzle
Auteur : Franck Thilliez
Éditeur : Fleuve Noir
Date de publication : 2013
Pages : 429
 

* C'était réel. Mais ce n'était pas la réalité. *
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Accepteriez-vous de mourir… dans un jeu ?
Ilan et Chloé sont spécialistes des chasses au trésor. Longtemps, ils ont rêvé de participer à la partie ultime. Celle de ce jeu mystérieux dont on ne connaît pas les règles, seulement le nom : Paranoïa.
Le jour venu, ils reçoivent enfin la règle numéro 1 : Quoi qu’il arrive, rien de ce que vous allez vivre n’est la réalité. Il s’agit d’un jeu.
Suivie, quelques heures plus tard, de la règle numéro 2 : L’un d’entre vous va mourir.
Quand les joueurs trouvent un premier cadavre, quand Ilan découvre des informations liées à la disparition toujours inexpliquée de ses parents, la distinction entre le jeu et la réalité est de plus en plus difficile à établir.
Paranoïa peut alors réellement commencer…

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* Guérir, c'est aller à la rencontre d'une partie de soi-même, celle qui a été volontairement occultée par l'esprit. La plupart du temps, les patients sont incapables d'aller seuls à cette rencontre, parce que la maladie les en empêche. * 


Imaginez… un jeu tellement bien caché que tout le monde en ignore son déroulement ; un jeu qui dans lequel vous affronterez vos plus grandes peurs ; mais un jeu qui peut rapporter gros ! Un jeu dont la première règle est que rien de ce qui vous arrive n’est réel, mais qui s’immisce tant dans votre quotidien que vous n’arrivez plus à faire la différence entre le jeu et la vie. C’est Paranoïa, l’objectif de tous les passionnés de jeux et de chasse au trésor.
Lorsqu’Ilan reçoit un coup de téléphone de Chloé, son ex-petite amie, il commence par refuser. Depuis qu’ils ont rompu, un an plus tôt, il a complètement abandonné l’univers des jeux. Solitaire depuis la mort de ses parents qui, il est persuadé, ont été assassiné, il finit par se laisser convaincre. Chloé et lui trouvent l’entrée dans le jeu, et les voilà parti pour plusieurs jours dans un ancien hôpital psychiatrique au milieu des montagnes. Alors que la tempête de neige fait rage au dehors, les huit participants vont se battre et certains sont prêts à tout pour gagner.
Quel meilleur décor qu’un hôpital psychiatrique désaffecté pour un bon thriller psychologique. Si on ajoute à cela le fait que les participants sont bloqués par le mauvais temps, on se retrouve avec un huis-clos angoissant qui pourrait bien vous empêcher de dormir... surtout lorsque l’on remarque que certains équipements ont pas l’air d’être plutôt en bon état de fonctionnement et qu’une présence indésirable se fait sentir, à mesure que certains participants disparaissent.
Les références à des théories psychologiques sont nombreuses et on voit que l’auteur sait de quoi il parle. Pourtant, les évènements qui se passent au début de l’histoire, avant l’arrivée des participants sur leur terrain de jeu m’a semblé plus prenant ; alors que lecteur est confiné dans la tête d’Ilan, il s’interroge sans cesse sur les évènements et les motivations des différents personnages.
J’ai eu un peu de mal à distinguer les candidats les uns des autres au début de la chasse au trésor, mais l’auteur a subtilement attribué des éléments distinctifs à chacun d’entre eux et le problème a ainsi rapidement été résolu.
Dans l’ensemble, j’ai beaucoup aimé cette lecture, même si j’ai trouvé le rythme quelque peu irrégulier. Même si j’avais deviné une partie de la résolution de l’intrigue, l’auteur m’a réservé son lot de surprises. La fin est un équilibre parfait entre explications et retournements de situation, qui fait que le lecteur ne sera pas frustré, que ce soit parce qu’il a deviné une partie de l’intrigue ou parce que la résolution sort de nulle part.
Comme tout thriller psychologique qui se respecte, de nombreux détails importants sont disséminé au fil des pages, mais comment distinguer l’important de l’accessoire, le réel de l’imaginaire ? Il ne fait aucun doute que Puzzle gagne à être relu, et je pense même qu’une deuxième lecture est nécessaire pour apprécier l’œuvre dans toute sa profondeur.
Finalement, ce n’est pas le dénouement en lui-même qui compte, mais plus les étapes qui mènent le lecteur jusque-là. Ce n’est qu’à la fin que l’on pourra réellement distinguer le réel de l’imaginaire et le jeu de la vraie vie. Plusieurs intrigues se superposent et on découvre de nouvelles facettes de la personnalité des différents personnages, qui ajouterons au suspense et nous feront douter jusqu’à la fin. Un roman inquiétant et très réussi que je conseille à tous les amateurs de psychologie !
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http://www.sanctuairedelalecture.com/

^http://www.rosecityreader.com/p/the-european-reading-challenge-january.html





[FR] Les Hirondelles de Kaboul - Yasmina Khadra

❖ 1 commentaire:

Titre : Les hirondelles de Kaboul
Auteur : Yasmina Khadra
Éditeur : Pocket
Date de publication : 2010 (2002)
Pages : 148
 

* Les terres afghanes ne sont que champs de bataille, arènes et cimetières. Les prières s'émiettent dans la furie des mitrailles, les loups hurlent chaque soir à la mort, et le vent, lorsqu'il se lève, livre la complainte des mendiants au croassement des corbaux. *
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  Dans les ruines brûlantes de la cité millénaire de Kaboul, la mort rôde, un turban noir autour du crâne. Ici, une lapidation de femme, là un stade rempli pour des exécutions publiques. Les Taliban veillent. La joie et le rire sont devenus suspects. Atiq, le courageux moudjahid reconverti en geôlier, traîne sa peine. Le goût de vivre a également abandonné Mohsen, qui rêvait de modernité. Son épouse Zunaira, avocate, plus belle que le ciel, est désormais condamnée à l'obscurité grillagée du tchadri. Alors Kaboul, que la folie guette, n'a plus d'autres histoires à offrir que des tragédies. Quel espoir est-il permis ? Le printemps des hirondelles semble bien loin encore...
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* Ne me demande pas de renoncer à mon prénom, à mes traits, à la couleur de mes yeux et à la forme de mes lèvres pour une promenade à travers la misère et la désolation ; ne me demande pas d'être moins qu'un ombre, un froufrou anonyme lâché dans une galerie hostile. *
 

Avec Les hirondelles de Kaboul, Yasmina nous projette dans une Kaboul mourante, ravagée par la guerre. Le réveil est brutal pour le lecteur occidental, parfois même incapable de situer le pays sur la carte. Il se retrouve confronté à un univers on ne peut plus éloigné du sien : dans les rues de la capitale afghane, les rires et la joie de vivre ont laissé place aux exécutions, aux lapidations, aux sermons haineux et mollahs et à la violence systématique.
Sous le régime extrémiste, tout change. La vie de deux couples bascule ; ils sont perdus et ne se retrouvent plus dans la société. Avant, ils étaient heureux, mais les mentalités ont changé et ils assistent à l’effondrement de leur pays. Désormais, le climat est à l’oppression ; la déshumanisation règne, les femmes deviennent anonymes, cachées derrière leur tchadri et leur époux.
Le dépaysement est total : comment imaginer la triste réalité du peuple afghan ? Sans dramatiser, Yasmina Khadra nous plonge dans le sombre quotidien de Mohsen, ruiné et détruit par la guerre ; de Zunaira, autrefois avocate mais désormais forcée à rester chez elle ; d’Atiq, gardien de prison qui commence à douter de sa foi à force d’être témoin de tant d’injustices ; et de Mussarat, sa femme malade, guettée par la mort ou la répudiation.
Aux côtés des personnages, on ressent peur, désespoir, amour et colère. Comme eux, on espère jusqu’à la fin, même s’il n’y a plus d’espoir. Car si ce n’est pas la mort qui les attend au prochain tournant, la folie les menace.
Les femmes, bien qu’opprimées par le régime, sont l’étincelle d’espoir des hommes. Elles sont enfermées, mais cela ne les empêche pas d’être fortes et résolues, prêtes à tout pour conserver le peu de dignité qui leur reste.
Le style sobre de l’auteur nous fait voyager sur un autre continent, profond et plein de métaphores. Sa plume vibrante et évocatrice donne vie à ses personnages : on les aime, on les déteste, mais on n’y est pas indifférent. On ne peut s’empêcher de se demander ce que l’on ferait à leur place et, mêlé à l’impuissance apparaît rapidement un sentiment d’admiration. Les comportements que nous tendions à condamner au premier abord nous semblent soudain plus compréhensibles et nous amènent à apprécier les libertés que nous considérons parfois trop rapidement comme acquises.
Les hirondelles de Kaboul est un roman bouleversant, poignant et déchirant. C’est un cri de protestation face à l’extrémisme et un hommage aux femmes et aux hommes qui se battent jour après jour pour survivre dans une ville enchaînée par des principes religieux déformés par le régime de la peur.
À lire absolument !
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* En bref... * 
Au cœur de l’Afghanistan

Plongée dans la triste réalité de Kaboul où les lapidations, les exécutions et la violence sont devenues monnaie courante. Face à l’extrémisme, deux couples tentent de survivre, même s’ils ont presque tout perdu. Roman intense et déchirant, ode à l’amour et au courage des femmes, Les hirondelles de Kaboul est un roman incontournable !





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